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35 ans, cela se fête. Et pour que la fête soit à la mesure de notre imaginaire, deux auteurs pas très tristes viendront partager notre gâteau d'anniversaire.

Le dimanche 13 octobre à partir de 11h, nous recevrons Alain Berenboom et Thomas Gunzig. L'occasion de parler de leurs nouveaux livres, mais aussi de leurs coups de coeur, et de leur rapport avec le monde de la librairie. Sans oublier que, tous deux chroniqueurs, au journal Le Soir, ou à la RTBF, ils portent un regard impertinent sur notre actualité.

alain berenboomAlain Berenboom, Bruxellois "pure souche" est à la fois écrivain belge, une autorité internationale en matière de droit d'auteur, professeur de droit à l’université libre de Bruxelles et chroniqueur au Soir. 
Son univers romanesque, parfois burlesque, toujours impertinent, sur fond d'histoire belge, a pu mêler roman, polar et histoire, notamment dans sa trilogie qui a pour cadre la Belgique de l’immédiate après-guerre (Périls en ce Royaume, Le Roi du Congo, La Recette du Pigeon à l’italienne).
Il publie aujourd'hui un nouveau livre, peutêtre plus intimiste ou personnel, inspiré de l'histoire de son père.
Monsieur Optimiste (Genèse Edition) raconte l'histoire d'un homme apparemment sans histoires, qu'à sa mort son fils redécouvre à travers les archives familiales. Se dessine ainsi le portrait d’un Don Quichotte original et aventureux, mauvais juif, mauvais polonais, qui, sous couvert de patronymes différents, a vécu plusieurs vies avec l’indéfectible optimisme des vrais héros.

 

thomas gunzigThomas Gunzig, a d'abord été libraire pendant 10 ans chez nos amis de la librairie Tropismes à Bruxelles. Ensuite, nous dit wikipedia, il est devenu professeur de littérature dans les écoles supérieures artistiques de La Cambre et de Saint Luc, et chroniqueur régulier pour l'émission radio Le Jeu des dictionnaires (La Première), le journal Le Soir et l'émission télévisée Les Bureaux du pouvoir de La Une. Depuis avril 2010 il est chroniqueur dans l'émission radio Matin Première, où il dresse dans son Café Serré un portrait de l'invité du jour.
Quoique différent d'Alain Berenboom, Thomas Gunzig possède aussi cette "touche" qu'on ne trouve que chez nous (peut-on la qualifier de belge ?), le sens de l'absurde, de la dérision, mais ici teinté d'un cynisme total, à prendre au second degré. Avec en plus un sens ravageur de la critique sociale, bien présente dans son dernier opus Manuel de survie à l'usage des incapables (Au diable Vauvert Editeur). Ames sensibles s'abstenir, on n'épargne au lecteur ni les morts, ni le sang, mais cela n'est que la couche superficielle, car à travers le portrait déjanté de quatre loups de banlieue qui traquent l'homme responsable de la mort accidentelle de leur mère, lui-même responsable de la sécurité dans une grande surface, s'écrit une charge au vitriol contre l'univers mécanisé, mercantilisé, inventé par les experts qui mêlent marketing et systémique au profit d'une autre espèce de prédateur, le grand méchant capitaliste.

Tout cela paraît grave ? Mieux vaut en rire, et optimistes ou incapables, c'est ce que nous tenterons de faire le dimanche 13 octobre.

Dans le cadre de la Fureur de lire

 

 

 

 




 

 

 

criseegaliteschreibercorreislamcoeurvilles

Jean-Michel Corre et Jean-Philippe Schreiber

en débat sur la multiculturalité

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 22%, 30% bientôt ?, la population musulmane d'origine immigrée est appelée à devenir majoritaire à Bruxelles et en tout cas de plus en plus importante dans la plupart des villes belges. Le phénomène est européen, et l'on sait les peurs que cette présence engendre. Non seulement parce qu'elle est la part la plus visible (et pourtant pas la seule) de l'immigration dans le paysage, mais aussi parce que l'Islam politique s'est invité dans le débat.

Cette société multiculturelle n'est pas un long fleuve tranquille. Elle appelle des adaptations dans ce qu'on appelle le "vivre ensemble", dont la volonté pour certains de mener des politiques compensatoires aux discriminations sociales et économiques. L'inscription juridique et sociétale de la différence qui en est la conséquence interroge frontalement les valeurs sur lesquelles nos sociétés se sont bâties depuis deux ou trois siècles. Le religieux, qu'on avait relégué dans la sphère personnelle, en le scindant du politique, réapparaît. L'appartenance ethnique redevient un critère identitaire.

Le débat est, à nos yeux, fondamental. C'est la question forte de ce XXIe siècle, c'est ce pourquoi des gens vivent ou meurent, au Moyen-Orient, en Inde oucorrejeanmichel ailleurs ; c'est ce pourquoi nous serons demain vraiment libres ou non", écrit Jean-Philippe Schreiber.schreiberjeanphilippe

Diplômé de l'Université libre de Bruxelles, Jean-Philippe Schreiber y est professeur depuis 1996, où il dirige le centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (CIERL). Il y enseigne notamment l'histoire des religions et des institutions. Il publie "La crise de l'égalité. Essai sur la diversité multiculturelle" dans la collection "Liberté j'écris ton nom" des Editions Espace de libertés.

Jean-Michel Corre est diplômé en Sciences politiques et en administration publique (ENA, Paris) et en droit. Après une carrière à la Commission européenne, il se consacre à l'étude des religions côtoyées depuis son enfance tunisoise (CISMOC - Université catholique de Louvain). Il a déjà été présent chez Graffiti en 2011, en débat avec Nadia Geerts, pour son livre "Le voile et la femme en Islam". Il a publié récemment "L'Islam au coeur de nos villes", aux Editions Couleur livres, pour lequel il a obtenu le Prix du Livre politique 2012.

 


montaigne lobetLe rejet des systèmes et l'absence de concept nouveau ne sont pas des raisons suffisantes pour écarter l'auteur des Essais de toute considération philosophique. Michel de Montaigne est indissociablement écrivain et philosophe. Son style épouse les inflexions de sa pensées et capte fidèlement les moindres agitations de son esprit. S'il décide de coucher ses réflexions sur le papier pendant une vingtaine d'années, c'est pour essayer son jugement, le mettre à distance critique, le confronter à ceux des Anciens, mais aussi pour se libérer des préjugés et des dogmes, quelle que soit l'autorité qui les formule. Quant à l'unité de sa pensée, elle réside en lui-même : son corps et son esprit sont les seuls sujets de ses investigations. (notice de l'éditeur)

Voici un livre qui se lit comme un roman, et qui peut servir de porte d'entrée à l'oeuvre jugée difficile de Michel de Montaigne. Il remet le texte de Montaigne dans une perspective intéressante pour le lecteur qui considère que la philosophie est aussi une forme d'exercice. Montaigne, dit Bernard Lobet, était moins un essayiste qu'un essayeur, "l'essai étant une tentative d'exprimer des expériences et de mettre son jugement à l'épreuve". Ecrivain et philosophe, Montaigne met son jugement à l'épreuve, c'est le sens de ce qu'il appelle "Essais".

Avez-vous su méditer et manier votre vie ?

Ces paroles de Montaigne nous rappellent donc qu'il reste un compagnon de lecture et de pensée. Rien de tel qu'un ami de Montaigne pour montrer le chemin, avec érudition et clarté.

Bernard Lobet, philosophe de formation, journaliste de profession, est membre de la Société Internationale des Amis de Montaigne.
Une rencontre chez Graffiti le mardi 11 juin à 20h, à l'occasion de la publication de son livre
Montaigne, la Réflexion à l'essai (Editions Ousia).

Entrée libre.