Le blog du libraire. Quels sont les enjeux de notre métier de libraire aujourd'hui ?

Blog du libraire
Une page se tourne

Quarante ans. C’est à peu près l’âge de notre librairie. C’est au début 1978 en effet qu’elle s’est ouverte, et au fil des années, de Braine-l’Alleud à Waterloo, d’aménagements en agrandissements, elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, une des principales librairies indépendantes du pays.
Et l’une de celles qui aura porté haut et fort la parole du libraire et la promotion de notre beau et essentiel métier.

Comme libraires, nous appartenons à cette génération militante qui a toujours défendu un projet très clair : l’indépendance, dans l’esprit et dans les faits ; la qualité de l’offre, par son étendue et sa diversité ; le service, par un patient travail quotidien au plus près des demandes des lecteurs ; et la volonté, par nos rencontres, de toujours porter le débat (les agendas de Graffiti, et Graffiti TV).
Ce projet s’est aussi concrétisé par notre volonté de mettre au cœur d’une librairie généraliste comme la nôtre, la littérature et les sciences humaines. Nous avions décrit cette vision de notre métier dans un texte prononcé il y a quelques années lors d’un colloque, « La librairie, un sport de combat ? Portrait du libraire en chien ».

Aujourd’hui, après ces quarante années, -et beaucoup de travail-, nous avons décidé de prendre du recul. Nous aurons tenté de réaliser le meilleur de ce que nous pouvions faire, et désirons maintenant passer la main. Les librairies sont des commerces fragiles, elles le sont de plus en plus, et il faut des candidats motivés pour les reprendre. C’est le cas de Véronique Symons et de Barbara Ramos qui désirent se lancer dans l’aventure, et qui un jour sont venues sonner à notre porte. C'est elles maintenant qui porteront leur projet et apporteront un nouveau souffle à Graffiti.
C’est un pari sur l’avenir, et elles ne seront pas seules, c’est important pour elles, et pour nous. Notre équipe reste en place : Grégory, présent depuis 20 ans, et qui connaît tout de la libraire ; Sophie et son art de la lecture et de sa transmission ; Myriam, docteur es littérature jeunesse ; Nicolas qui gère avec discrétion les comptes et les flux incessants de livres ; Audrey et son sens de la mise en scène ; et enfin Baptiste à l’érudition décontractée, récemment arrivé. Nous voulons les remercier, car c’est eux qui sont la vie quotidienne de la librairie, et le socle sur lequel on peut bâtir un projet de librairie.

A leur côté, il y a ceux qui nous ont accompagnés dans notre parcours, parfois depuis quarante ans, car la librairie c’est aussi une histoire : les lecteurs, et la confiance qu’ils nous ont accordée. C’est vous donc qui avez permis à notre librairie de résister aux vents parfois violents qui secouent le monde du livre. C’est vous donc que nous voulons aussi remercier. Faut-il le dire ? La librairie offre le privilège de rencontres et d’échanges exceptionnels, souvent même d’amitiés dont on comprend bien la qualité, puisqu’elles sont nées du livre.

On ne quitte pas le livre, cette vie augmentée. Nous ne le quitterons donc pas. Enlecteur-graffiti restant lecteurs, c’est évident, et en le faisant savoir. Et par une présence continuée dans les causes qui nous passionnent, la défense et l’accompagnement des libraires francophones dans le monde, activité qui nous occupe déjà depuis une quinzaine d’années, et plus récemment le numérique, qui ouvre de nouvelles perspectives de diffusion et de créativité.
Mais ce sera sur un rythme différent.

Nous transmettons donc notre librairie, ce projet de vie qui nous a menés tous deux et ensemble depuis quarante ans, et qui a pris beaucoup de place dans notre vie de famille. Nous le faisons avec confiance. Nous savons ce que nous avons bâti, et la place que Graffiti occupe dans le paysage de la librairie belge. Nous quittons d’ailleurs notre librairie au moment où un des combats que nous avons menés depuis toujours au nom des libraires belges devrait arriver à son terme, le prix fixe du livre.
Longue vie à Graffiti, longue vie au livre.
Et merci à la vie qui nous a donné ce privilège de vivre au milieu des livres.


Claire et Philippe Goffe
Ce n'est qu'un au revoir bien sûr, et nous le célébrerons par un petit apéro le dimanche 24 septembre prochain à 11h30.

 
Graffiti représente Librel à la Foire du Livre

librel-logoEn cette année 2016, Graffiti sera présent à la Foire du livre, non pas en nom propre, mais pour assurer avec quelques amis libraires, la présence du portail LIBREL.BE, le portail numérique des libraires indépendants de Belgique. C'est un projet collectif que nous avons porté, et que nous avons voulu rendre visible à la Foire, où passent tant d'amateurs du livre. Vendre du numérique ? Cela ne nous détourne pas du papier, que nous chérissons avant tout. Nous pensons cependant que la lecture numérique peut être un complément à nos habitudes de lecture, voire même dans un futur incertain, un mode d'accès au livre pour une partie de la population. Il n'y a donc pas lieu de laisser ce domaine aux seuls grands acteurs, américains ou autres. Les libraires ont leur place là-dedans.
Si vous avez l'occasion de passer à la Foire, n'hésitez pas à cenir nous voir : espace Web, stand 320.

Il y aura donc des libraires à la Foire du livre !

Car, l'avez-vous remarqué ? A la Foire du livre, on voit peu de libraires. C'est étonnant. Alors que la vente des livres est le métier des libraires, certains éditeurs préfèrent s'en passer. On le comprend pour les petites maisons d'édition, moins visibles au long de l'année, et qui investissent beaucoup dans la Foire pour toucher leurs clients. On le comprend moins de la part des groupes d'édition que sont Hachette (Dilibel), Editis (Interforum), voire même Gallimard et Flammarion. Il n'y a guère encore qu'Actes Sud et Le Seuil qui, jusqu'à nouvel ordre, respectent ce qu'on appelle "la chaîne du livre", où chaque maillon a son importance. Les raisons de cette politique des grands groupes ne sont pas à chercher bien loin. Vous l'avez déjà compris.

 

 
Le billet de la librairie : Penser l'événement, une bibliographie proposée par les libraires du SLF

 

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L'actualité et son cortège d'événements, souvent tragiques hélas, trouvent toujours un écho en librairie. Tout simplement parce que cette actualité se commente, s'analyse, s'expose au travers de livres qui bien naturellement arrivent sur les étals des libraires. Et elle se commente aussi par la parole directe que les lecteurs apportent ou viennent chercher dans ces lieux "singuliers" que sont nos librairies. Au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo, ou du 13 novembre à Paris, et au contraire de ce qu'il s'est passé lors d'événements précédents, et notamment lors des guerres d'Irak, les librairies ne se sont pas vidées. Nombreux sont ceux qui ont senti l'importance de la parole, et au-delà, de la recherche d'informations et d'éclairages.
On ne mesure pas l'importance

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