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La fabrication de l'aube, de Jean-François Beauchemin

beauchemin fabrication aubeBeauchemin, nom prédestiné pour celui qui a frôlé la mort et revient ragaillardi parmi les vivants. L’auteur québécois, auteur du très remarquable « Le Jour des Corneilles »( Libretto) compose une ode à la vie, dans l’émerveillement de ce qu’elle a de meilleur à donner : la beauté d’un ciel et la chaleur de la fraternité. Ce petit livre, salue le rire salvateur, ressuscite les souvenirs d’enfance, s’approche avec pudeur d’un père, de l’amour d’une femme, d’une sœur, et rend grâce à l’existence ; à tous ces gestes, ces mots qui l’ont sauvé. Evitant la mièvrerie autant que l’affèterie, se tenant à l’écart de la spiritualité autant que de la sagesse de bazar, Jean-Christophe Beauchemin, d’une la plume claire, belle, aux images heureuses, dit simplement merci à la vie. Et à son chien, dont l’œil humide autant que sa truffe, ne l’a jamais abandonné.

Jean-François Beauchemin : La fabrication de l'aube, Phébus, coll. Libretto, 112p, 6,70 €

 
Ici, de Christine Van Acker

ici van ackerNon ce n’est pas du Geluck, mais du Van Acker, Ici étant l’improbable lieu-dit gaumais, où elle vit avec sa famille. Jadis à la campagne, écrit-elle, on se tuait à la tâche, aujourd’hui on y crève d’ennui. C’est pourtant là, que Christine Van Acker est partie vivre pour le plus grand plaisir des lecteurs de ses chroniques. Les a-t-elle écrites au cours des longues, trop longues soirées d’hiver ? Son œil de pie chaparde les saynètes de la vie d’un village déserté, que la civilisation n’atteint plus. Commerces de proximités fermés, bouffés par le zoning artisanal, jeunes sans emploi, font aussi partie du décor champêtre. Sans angélisme, mais avec beaucoup d’humour, l’auteur épingle d’un verbe vif, les us et coutumes des citadins en week-end, celles des gens du cru, et la cohabitation prudente, incrédule, qu’ils exercent avec les rats des villes reconvertis en rats des champs. Et elle ironise, avec un rien de cynisme, sur l’évolution de nos sociétés, qui asphyxie ses campagnes, supprime les gares, les bus, déplace les entreprises, mais multiplie les projets pour « renforcer les liens sociaux et intergénérationnels dans un souci de cohésion sociale »…

Christine Van Acker : Ici, Le Dilettante, 2014, 160p, 15€

 
Journal de Maïdan, d'Andreï Kourkov

/journal-de-maidan-kourkov.C'est un éclairage précieux sur la crise ukrainienne que livre ici Andreï Kourkov, l'auteur du célèbre Pingouin. Chaque jour depuis plus de six mois, il s'est rendu sur le Maïdan, la place de Kiev où s'est concentrée la contestation au régime, et il a tenu un journal. C'est donc un témoignage "à chaud", dont l'intérêt tient à son actualité journalière, puisqu'au moment de sa rédaction on ne connaît pas la suite des événements, et encore moins leur issue. En accord avec son éditrice parisienne, Liana Levi, le texte de Kourkov était transmis quotidiennement à son traducteur français, ce qui explique qu'il ait pu être publié très vite, début mai.
 Si au début du livre, on voit les choses d'un oeil un peru distant, on voit lentement la situation se dramatiser, avec au final ce qu'il faut bien appeler un début de guerre civile. Ce Journal de Maïdan
présente cependant un autre intérêt. Kourkov, ainsi qu'il le dit, est "ethniquement russe", sa langue maternelle est le russe, et il écrit en russe. Il se sent pourtant profondément ukrainien, et son regard sur la Russie de Poutine est édifiant.
Une chronique passionnante et très informée.

Andreï Kourkov : Journal de Maïdan, traduit du russe par Paul Lequesne, Editions Liana Levi, Paris, 2014, 282p, 17€

 

 
Appels aux Européens, de Stefan Zweig

appelsauxeuropeenszweigPubliées à la veille de nos élections, ces conférences, écrites en 1934 pourraient l’avoir été aujourd’hui. La lucidité sur les dérives nationalistes, et le fragile équilibre de la paix est d’autant plus déchirante qu’on sait ce qu’il advint. Stefan Zweig appelait de ses vœux, à Rome et à Paris, à un sursaut de la raison sur les instincts belliqueux et revanchards. « Seul un rattachement étroit de tous les Etats à un ensemble supérieur pourra atténuer les difficultés économiques et réduire les risques de guerre » écrit celui qui croit que l’élite artistique et intellectuelle a un rôle majeur à jouer pour contrer « le funeste besoin de haïr qui couve toujours latent ». Et de plaider pour un parlement européen et une Société des Nations forte…L’écrivain polyglotte, illustre représentant de l’intelligentsia autrichienne, qui sera bientôt chassé par le nazisme, sait que l’idée européenne rassemble bien moins que les discours galvanisateurs de Mussolini, Hitler et Staline. « L’égoïsme sacré du nationalisme restera toujours plus accessible à la moyenne des individus que l’altruisme sacré du sentiment européen. » Dans sa préface, son traducteur Jacques De Rider, remet dans le contexte ces conférences reçues dans l’indifférence, et rappelle pour ceux qui l’aurait oublié, que désormais sans illusion et apatride, Stefan Zweig se suicida au Brésil en 1942.

Stefan Zweig : Appels aux Européens, traduit de l'allemand (Autriche) par Jacques Le rider, Editions Bartillat, 2014, 144p.

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