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L'homme qui marche

Mais on peut également citer ces autres marcheurs que sont Bernard Olivier, le long de la Loire ou de la Route de la Soie (La longue marche, Aventure en Loire, aux éditions Phébus), Jean Claude Bourlès, (Le grand chemin de Compostelle, Pèlerin sans église, aux éditions Payot), Barret et Gurgand (Priez pour nous à Compostelle, Hachette Livre de poche), et toujours sur le thème éternel de Compostelle En avant, route d’Alix de Saint André (Gallimard).
Pour se laisser entraîner dans des régions plus lointaines (ou plus profondes) et dans cette quête d’un lieu qu’on s’est imaginé au plus intime et qui vous attire comme un aimant il y a le livre de Michel VieuxchangeSmara” (Phébus) qui raconte la quête de “ce fou du désert”. Combien de voyage ne sont-ils pas nés d’une photo, d’une gravure, d’une carte ou d’une estampe, d’un texte?

Et puis il y a cette envie difficile à réaliser pour un marcheur : emporter sa bibliothèque dans son sac. C’est Frédéric Gros qui lui donne enfin cette possibilité. Après avoir écrit “Marcher, une philosophie” (qui ressort aux éditions Champs Classique), il nous offre “La petite bibliothèque du marcheur Gros (aux mêmes éditions) avec des textes à ruminer en marche, à déguster à la halte et à savourer à l’étape. De plus ce livre contient, à côté des grands classiques, des textes plus rares ou tirés de livres épuisés comme celui de Gustave Roud Petit traité de la marche en plaine” (Essai pour un paradis aux éditions l’Age d’Homme).
Et pour “ les amoureux de cartes et d’estampes”, il y a les mille et une cartes éditées par l’IGN, tant belge que français, avec ses moindres traces de chemins, ses noms de lieux extraordinaires, ses courbes de niveaux à faire frémir ou rêver... C’est le moment aussi de saluer l’édition des topoguides de randonnées en boucles des sentiers GR en Belgique. Classées par province, ces balades à géométrie variable permettent chaque fois, de partir et revenir au même endroit afin de profiter pleinement de la marche. Une belle idée!

Et comme tout voyage est toujours un peu insensé et que ce sont les écrits du retour qui leur donnent sens, on peut profiter de ces moments d’été pour lire ou relire L’éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov (Editions Verdier) qui nous invite à entreprendre mille et un voyages dans un espace géographique (ici la Sibérie) mais aussi mental.

A pied naturellement. Car dans le voyage à pied, il y a le silence, la solitude et la lenteur choisie. Comme dans la lecture d’un livre qui est “l’œuvre de la solitude et l’enfant du silence” ainsi que l’écrit Marcel Proust qui s’y connaissait en promenades, à pied, du côté de Méséglise la Vineuse ou de Guermantes dont il avait mesuré la distance géographique et mentale.

Marcher c’est aller “à la recherche du temps perdu” à courir toujours après l’ombre du temps. Marcher et lire, deux démarches qui se chargent de sens l’une par rapport à l’autre; deux démarches qui permettent de voyager sur les chemins de la terre et nos chemins intérieurs.

Christian Merveille.