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Vie du livre
Prix unique : "L'impossible prix unique du livre" #janvier 2005
Voici deux articles de Guy Duplat parus dans La libre Belgique le 7 janvier. Ceux-ci résument bien les questions du prix unique du livre en Belgique et de la tabelle.

Prix unique : "L'impossible prix unique du livre"

Source : www.lalibre.be

Depuis des années, on étudie la fixation d'un prix unique pour le livre afin de protéger la création littéraire. Mais la proposition de loi- quasi votée en 2003 - est aujourd'hui au point mort. A cela s'ajoute l'étrange «tabelle».

Analyse

Flash-back. Il y a près de deux ans, le gouvernement Verhofstadt Ier vivait ses derniers mois. Le ministre des Affaires économiques Charles Picqué (PS) avait présenté un projet de loi fixant le prix du livre. Après de multiples adaptations et une très large concertation, le projet fut adopté à la Chambre, mais devait encore être évoqué par le Sénat. Il y avait urgence si on voulait boucler le dossier avant la dissolution des Chambres. Un très ancien problème arrivait ainsi à terme. Les tenants du prix unique du livre s'inspiraient de la loi Lang en France pour protéger les libraires contre la concurrence des grandes surfaces qui bradent les prix des best-sellers comme produits d'appel et leur font ainsi une concurrence «mortelle». Le prix unique protégerait les libraires qui vendent d'autres livres que les best-sellers. Ils pourraient alors continuer à vendre aussi ce type de livres grand public sans craindre la concurrence des grandes surfaces et cela leur permettrait d'équilibrer leurs comptes tout en proposant au consommateur une plus grande liberté de choix éditorial. Le prix unique serait une garantie indispensable à la diversité culturelle.

Après de longues concertations, le projet imposait un prix unique assorti d'un discount possible de 5pc maximum pour les deux premières années de sortie du livre et de 10pc maximum pour la BD que le secteur (surtout Dupuis) disait très menacé par un éventuel prix unique. Les livres scolaires et ceux destinés aux bibliothèques seraient exemptés de cette règle.

La promesse de Verhofstadt

En Flandre, les partis étaient plus réticents: le VLD était contre toute réglementation des prix et le SP.A refusait un projet qui, disait-il, ferait grimper le prix des livres les plus populaires. Le projet de loi porté par les députées Karine Lalieux (PS) et Muriel Gerkens (Ecolo), et approuvé par le CDH et le CD&V, avait reçu un appui - tiède - du MR.

Et c'est alors, en commission du Sénat, jouant sur le temps de parole, que plusieurs intervenants libéraux, flamands comme francophones, ont fait durer la discussion, rendant impossible tout vote. Charles Picqué proposa de poursuivre la discussion sous la prochaine législature, fort d'une promesse de Guy Verhofstadt de relever le projet de loi de caducité dès le lendemain des élections. Mais il n'en fut rien et Fientje Moerman, la nouvelle ministre VLD de l'Economie donna rapidement sa position dans une interview à «La Libre». «Ma philosophie , disait-elle, est d'intervenir le moins possible dans le marché sauf s'il y a des raisons exceptionnelles de le faire, quand par exemple une non-intervention mettrait en péril le budget de l'Etat. Mais le livre est-il une raison exceptionnelle? Mon prédécesseur Charles Picqué avait préparé un projet de prix fixe avec un discount maximum de 5 pc. Je n'y suis pas favorable. Jusqu'ici, je ne suis nullement convaincue par les arguments des pro-prix unique. On achète un livre dans une petite librairie parce que le conseil y est meilleur et le service plus personnalisé et on est prêt à payer le cas échéant un prix supplémentaire pour cela. Si on applique le raisonnement des pro-prix unique, il faudrait aussi un prix unique des tomates et des pommes de terre pour protéger les petits épiciers. Et pourtant ceux-ci restent souvent en place grâce à un meilleur service ou une meilleure qualité qui se paie.»

Amertume et tristesse

Jean-Luc Outers, responsable de la Promotion du livre à la Communauté française est déçu. « Les libéraux ne veulent pas du prix unique , dit-il aujourd'hui. Aussi longtemps que le VLD sera aux Affaires économiques, il ne se passera rien. Mais le problème de la survie des libraires reste intact. Il n'en reste qu'une soixantaine ayant un fonds diversifié. Ils sont menacés par la concurrence des grandes surfaces».

Chantal Limauge, présidente de l'Association des libraires francophones, soulignait «avec amertume et une grande tristesse» un blocage «idéologique» à ses yeux. «Le VLD n'a pas compris que le livre était aussi un produit culturel, échappant en partie aux rouages de l'économie classique. Pour eux, c'est une question de principe. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde, disent-ils. C'est de la politique, ça? J'ai toujours su qu'il n'y avait pas de politique du livre en Belgique. C'est désolant.»

Si la Fedis (la grande distribution) s'est réjouie de ce rejet, les éditeurs n'ont pas trop regretté le projet Picqué qui ne les satisfait pas vraiment. L'association des éditeurs francophones, l'Adeb, estimait que la concertation n'avait pas été complète et que sa position n'avait pas vraiment été entendue. Elle n'est pas opposée à une législation, mais demande d'aménager le projet en fixant le discount maximum à 10pc au lieu de 5pc et en n'exemptant pas non plus les bibliothèques et le commerce électronique de toute disposition.

Un accord en Flandre

Les différentes parties s'envoient, comme des missiles, des études souvent contradictoires sur l'effet en France et en Grande-Bretagne d'une législation sur le prix unique.

Sous cette législature, Muriel Gerkens a redéposé le même projet mais sans se faire d'illusion. «Une nouvelle difficulté est apparue, dit-elle. En Flandre, il y a eu un accord entre toutes les parties - éditeurs, libraires et auteurs - pour une position commune si une telle loi devait voir le jour: le discount maximum serait de 10pc et non plus de 5pc et de 20pc pour la BD. Un éventuel nouvel accord fédéral devrait tenir compte de cela.»

La tabelle

Source : www.lalibre.be

L'autre problème lié au prix du livre est celui de la «tabelle» : la différence entre le prix de vente du livre en Belgique et celui pratiqué en France. Elle se justifiait historiquement par les problèmes de change entre les deux pays mais, depuis la monnaie unique, pourquoi certains livres ont-ils un prix de 12pc en moyenne plus élevé qu'en France alors que d'autres éditeurs ne pratiquent pas la tabelle et proposent le même prix que chez nos voisins?

Claude Cherki, ex-directeur-général du Seuil, avait donné un point de vue très net à «La Libre» : «La tabelle, ce «surprix» pour les livres français en Belgique par rapport au prix français marqué sur le livre, est totalement absurde. Rien ne justifie une différence de prix. La tabelle peut exister en Suisse qui a une autre monnaie et pour lequel il y a des dédouanements à effectuer. Mais avec les Belges, c'est la même monnaie et il n'y a pas de douanes. Nous travaillons avec un grossiste belge comme avec les grossistes français et nous vendons nos livres aux libraires belges au prix où nous les vendons aux libraires français. Et globalement les libraires sérieux les vendent au prix facial en euro. Bruxelles est plus facile à livrer pour nous que Perpignan! C'est tellement le même marché que nous réfléchissons à ce que ce soit notre grossiste belge qui livrerait pour le nord de la France. La tabelle est un combat d'arrière-garde qui ne vise qu'à protéger les intérêts de filiales de grands groupes. C'est tout.»

Bernard Laduron, président de la commission des distributeurs de l'association des éditeurs belges, s'insurge depuis des années contre de telles opinions: « La Belgique a la chance de disposer d'un réseau de librairies très dense. Qui dit haute densité dit un nombre élevé de petites et moyennes librairies, disséminées sur tout le territoire. En revanche, la géographie française favorise l'implantation de grosses unités opérant sur des espaces de chalandises plus étendus. Le nombre d'exemplaires à distribuer dans chaque librairie belge est d'autant plus réduit, ce qui augmente évidemment les frais de distribution. Les coûts salariaux sont aussi nettement plus élevés en Belgique. Les politiques culturelles sont différentes. La réalité économique impose donc un prix de vente légèrement plus élevé en Belgique qu'en France. Les distributeurs refusent de s'inscrire brutalement dans une politique d'alignement aveugle sur les prix pratiqués dans l'hexagone, où les conditions économiques sont différentes. Un alignement forcené des prix entraînerait une diminution de 11pc de la marge des libraires et de 50 pc de celle des distributeurs. Les distributeurs devraient fermer leur entreprise ou délocaliser leur activité vers la France, mettant ainsi en péril quelque 650 emplois en Communauté Wallonie-Bruxelles.» (G.Dt)

 
Foire du livre 2005 #novembre 2004

Source : www.lalibre.be

"«TOUR & TAXIS: ENFIN, UN LIEU QUI CONVIENT À LA FOIRE DU LIVRE!»

C'est avec une satisfaction foiredulivre2005manifeste que Didier Platteau, président de la Foire du Livre, a présenté, mardi, le septième emplacement d'accueil de ladite foire, qui se tiendra à Bruxelles du 2 au 6 mars 2005. Après la galerie Louise, le centre Rogier, le palais des Congrès, le Heysel, les «Pyramides» (place Rogier), le site de Tour & Taxis, haut lieu du patrimoine industriel, offrira un espace lumineux de 10500 m2. Pari à plus d'un titre, ce déménagement a été décidé à l'unanimité du conseil d'administration de la Foire du Livre. L'installation aux abords du canal de Bruxelles, à mi-chemin entre la place Rogier et la basilique de Koekelberg, est prévue pour les trois prochaines éditions, mais pourrait revêtir un caractère définitif. Des navettes, dont le parcours doit encore être étudié, seront mises en place pour permettre au public de rejoindre l'endroit qui, s'il n'est pas aussi excentré que le plateau du Heysel, n'est pas toujours aisé à rejoindre. L'édition 2005 sera placée sous le signe de l'Aventure, qu'elle soit éditoriale, démocratique, scientifique, sensorielle, individuelle ou encore linguistique. Outre les stands traditionnels (forum, salon littéraire et espace animation jeunesse), trois rendez-vous insolites seront proposés: un bar des sciences, un carrefour des images et un atelier des Arts. Selon Ana Garcia, commissaire de la Foire, l'engouement des éditeurs est déjà chose acquise puisque 120 inscriptions - qui se traduiraient par la présence de 1200 maisons - ont été enregistrées à ce jour. Du 2 au 6 mars 2005, de 10h à 19h, nocturne le 3 mars jusqu'à 23h. "

En savoir plus : www.foiredulivre.com

Rapport du Lentic 2004 sur le marché du livre en Belgique

Source : www.lesoir.be

Bonne nouvelle : les livres en français se vendent lenticcomme des petits pains, en Belgique. Mauvaise nouvelle : la part des maisons d'édition belges dans ce festin rétrécit. Tels sont les grands enseignements d'une étude réalisée par le Laboratoire d'études sur les nouvelles technologies de l'information, la communication et les industries culturelles (Lentic, ULG), pour le compte du service promotion des lettres de la Communauté française.

D'après cette étude, le chiffre d'affaires généré par les livres de langue française en Belgique a augmenté de 4,7 % entre 2002 et 2003, où il atteignait 232 millions d'euros. En annulant les effets de l'inflation, la hausse atteint 3,1 %. La croissance est, en outre, en hausse par rapport à 2002, où elle atteignait 2 % hors inflation. Ce sont les ouvrages de littérature générale qui ont connu la plus forte hausse entre 2002 et 2003.

Elle s'établit à 10,6 %. Les bandes dessinées (+ 9,3 %), les livres de jeunesse (+ 9,2 %) et les ouvrages au format de poche (+ 8,4 %) connaissent également une belle croissance. Sur une plus longue période (1998 - 2003), ce sont les livres pour la jeunesse qui progressent le plus (+ 7,7 %).

La littérature générale tire également son épingle du jeu (+ 4,8 %), tout comme les livres de poche et les bandes dessinées (+ 3,8 % pour ces deux catégories). En fait, seuls les livres scientifiques, techniques et médicaux subissent un repli entre 1998 et 2003 (- 0,2 %). Reste à savoir si cette augmentation globale du volume est due à une hausse des prix ou à une augmentation des ventes par unité... L'étude ne s'est pas penchée sur cet aspect. Je pense néanmoins que l'augmentation enregistrée en 2003 n'est pas uniquement due à une hausse des prix , explique Marc Minon, directeur d'études au Lentic. En 2002, on pouvait supposer que l'augmentation du chiffre d'affaires pouvait résulter uniquement d'une hausse des prix. Mais, cette année, la hausse est telle qu'il me semble qu'elle s'explique également par une croissance du nombre de livres vendus. Sur la période étudiée, le Lentic a constaté un effondrement du marché du disque, le deuxième marché éditorial en Belgique.

Le centre de recherche ose une interprétation : « On peut se demander s'il n'y a pas eu un mouvement de report des achats - notamment des achats de cadeaux - d'un secteur vers l'autre au cours des deux dernières années. » La croissance enregistrée ne profite toutefois pas à tout le monde de la même manière. Ainsi, les livres vendus par les éditeurs belges ne représentent-ils que 28 % du marché. Autrement dit, 72 % des achats de livres de langue française en Belgique portent sur des ouvrages édités à l'étranger. L'étude indique aussi que la situation des maisons d'édition belges ne s'améliore pas. En 1998, la proportion d'ouvrages belges vendus en Belgique atteignait encore 32 %.

Pour Marc Minon, le phénomène d'effritement touche surtout les ouvrages de littérature générale. De ce point de vue, les maisons belges souffrent de la moindre médiatisation de leurs ouvrages dans les grands journaux français, ainsi que de leur position délocalisée par rapport à Paris. Heureusement, les maisons belges vendent également des livres à l'étranger. A l'exportation, leur chiffre d'affaires s'élève à 80 millions d'euros, ce qui représente 57 % de leurs revenus. Ce volume d'exportation peut paraître encourageant. Tous les livres belges ne s'exportent toutefois pas avec le même bonheur. On peut estimer que 80 % des exportations concernent des bandes dessinées , explique Marc Minon.

Enfin, le Lentic s'est intéressé aux canaux de distribution des ouvrages. Ce sont les grandes surfaces qui connaissent la plus forte croissance. Leur part de marché s'élève à 23 % et a augmenté de 6 % entre 1998 et 2003. Ce n'est pas pour autant que le petit libraire n'a plus la cote : sa part de marché a augmenté de 4,1 %... Les clubs de livres ont le sourire moins franc : leur importance a décliné de 1,7 %... Sur le plan méthodologique, on notera qu'en l'absence de compilation officielle, les chiffres du Lentic ont été recueillis sur base de questionnaires envoyés aux clubs de livres, éditeurs, maisons de diffusion et de distribution, et éditeurs français. Ils ont été recoupés auprès des magasins Carrefour, Fnac, Cora et Club.

 
Un mot sur l'AILF #novembre 2004

Née en 2002, l'AILF est animée par le souhait de renforcer le réseau de la librairie dans l'espace francophone. Elle mobilise plus de 150 adhérents. Dans le courant du mois de novembre 2004, elle a organisé dans quatre pays de l'Afrique de l'Ouest (Bénin, Togo, Côte d'Ivoire et Burkina Faso), une Caravane du livre autour des auteurs africains, souvent édités au Nord, et trop peu présents dans les librairies du Sud. Cette manifestation s'est terminée à Ouagadougou, en marge du Sommet de la Francophonie, par un séminaire qui a rassemblé les principaux libraires d'Afrique de l'Ouest, sur le thème du "Libraire comme agent culturel". Une première en Afrique...

 
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