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Envoyée spéciale, de Jean Echenoz

envoyee-speciale-echenoz.Une intrigue politico-policière peut-elle être absurde et drôle ? Absurde comme le régime nord-coréen, peut-être, drôle comme un roman de Jean Echenoz, certainement.
Une jeune femme oisive, Constance, est enlevée, et isolée au milieu de la Creuse, donc au milieu de nulle part, par un mystérieux commando qui, sous couvert d'une demande de rançon, cherche en fait à la rendre "ductile", donc disponible et souple, en vue d'une opération d'exfiltration d'un cacique du régime de Pyongyang. Comme à l'accoutumée, Jean Echenoz joue de tous les codes pour offrir un livre de genre, en l'occurence un roman d'espionnage, plein d'esprit, mais totalement décalé et à la mécanique extrêmement bien huilée, décrivant avec une précision clinique les moeurs de l'homme contemporain, le côté cocasse -ou non- de ses états d'âme, le tout sur fond de géopolitique mondiale où les protagonistes ressemblent plus aux Pieds nickelés quà de sérieux professionnels. Mais peut-être est-ce la réalité ? Brillant, décalé, "échenozien".

Jean Echenoz : Envoyée spéciale, Editions de Minuit, 2016, 313p, 18.50€

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L'intérêt de l'enfant, de Ian McEwan

mcewan-interet-de-lenfantSes romans, « Expiation », « Solaire », « Sur la plage de Chesil », « Operation Sweet Tooth ».... sont tous éclatants de réussite. Variant les genres et le style, Ian McEwan nous met, sans en avoir l'air, à chaque fois, en présence du libre arbitre ou de ce qu'il en reste...
Cette fois, nous assistons, éblouis par son intelligence, au quotidien d'une magistrate des affaires familiales. Les jours précédents, il lui a fallu résoudre des conflits dans lesquels le religieux contrecarrait l'émancipation individuelle. Un divorcé arabe, qui a soustrait son enfant à l'éducation trop libérale de sa mère anglaise et le cas d’un père juif orthodoxe qui souhaite élever ses filles hors du monde moderne. La surcharge de travail, sa complexité, et les enjeux énormes que toute décision de sa part suppose, ont entamé l’équilibre de son couple. Mais elle a à juger une affaire autrement plus importante que la frustration maritale, le dossier urgent d'un jeune leucémique de dix-sept ans, que condamne la conviction de ses parents, Témoins de Jéhovah. Elle pourrait laisser l'hôpital le transfuser de force, pourtant avant de contraindre, elle veut entendre toutes les parties. Dans l'intérêt de l'enfant.

La juge sent qu'elle entre là dans la tache aveugle de la justice, qu’il lui faut sortir du cadre. Trancher sur dossier ne peut pas seul sauver les êtres, fusse d'eux-mêmes. L'intime conviction, la protection sociale, se heurtent à un irrationnel auquel elle doit se confronter…

Ian McEwan : L'intérêt de l'enfant, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, Gallimard 2015, 240p.


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Les yeux fardés, de Lluis Llach

lluis-llach-les-yeux-fardesVoici un roman qui parle de liberté, celle des corps et celle des esprits, en un temps et un lieu où bien souvent on ne pouvait qu'en rêver. 
Ils sont quatre jeunes gens, deux filles et deux garçons, insouciants dans la Barcelone ouvrière d'avant la guerre d'Espagne, qui va faire basculer leur destin. Après les années d'enfance vécues dans une amitié fraternelle intense, puis dans l'éveil des sens, les uns et les autres vont tracer leur vie au gré de ce que leur laisse ou leur permet l'Histoire, c'est à dire la République fracassée, la guerre qui assassine et meurtrit, un pays mis en coupe par un régime aux couleurs brunes. Et au-delà de cette traversée chaotique, on découvre des esprits libres et une formidable histoire d'amour, mais d'un amour "maudit". Ce sont les garçons en effet qui porteront le plus loin cet appel des sens, comme une allégorie des aspirations du peuple catalan, ou même du peuple d'Espagne, à une liberté à venir. Au prix des désillusions inévitables en cette période de l'Histoire.
Chanteur espagnol d'expression catalane, Lluis Llach, qui connut l'exil sous l'époque franquiste, livre ici un roman (son premier roman) très fort, au ton parfois cru et réaliste, où l'on peut lire l'expression d'un rêve libertaire à travers son engagement pour la culture catalane, et sa résistance à la dictature.

Lluis Llach : Les yeux fardés, roman traduit du catalan par Serge Mestre, Actes Sud, 2015, 315p.


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Guerre et térébenthine, de Stefan Hertmans

guerre-et-terebenthineIl y a des livres qui, sitôt parus, sont appelés à devenir des classiques. Et parmi ceux-ci, Guerre et térébenthine de Stefan Hertmans, qui se pose en même temps comme un de ces grands textes que la Flandre apporte régulièrement à la littérature belge. Car son propos, qui raconte la vie de son grand-père, Urbain Martien, à partir de ses carnets retrouvés, épouse assez bien les contours de l'histoire belge du 20e siècle. La condition ouvrière et les premières luttes sociales, la présence forte d'une Eglise conservatrice, la Première guerre mondiale et ses clivages entre gens du peuple et une élite francophone ressentie comme arrogante, le siècle est dur pour les humbles. Il faut donc s'aider à vivre et l'homme est fier. Toujours tiré à quatre épingles, il s'adonne à la peinture, imitant les plus grands, Rubens, Rembrandt, négligeant les modernes peintres du dimanche que sont Van Gogh et consorts. Sans oublier l'amour infini porté à celle qui disparaîtra trop vite.
Guerre et térébenthine est à l'image de la culture et de la finesse de son auteur, qui ne cesse d'interroger la réalité par le prisme de l'art et de son histoire personnelle.
Nous l'avions déjà reçu chez Graffiti en 2005 pour parler avec lui de ses livres Entre villes, superbe promenade érudite et intelligente à travers les villes d'Europe et d'ailleurs, et Le paradoxe de Francisco, fait de poésies et de proses mêlées. Car Stefan Hertmans est un grand intellectuel, homme de culture complet, poète, romancier, nouvelliste, essayiste, homme de théâtre.
Il revient donc chez Graffiti le 2 décembre.
Déjà traduit dans une vingtaine de langues, Guerre et térébentine a reçu le prestigieux prix AKO aux pays-Bas.


Stefan Hertmans : Guerre et térébentine, traduit du néerlandais (Flandre) par Isabelle Rosselin, Gallimard 2015.

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L'esprit de résistance, de Vladimir Jankélévitch

jankelevitch-esprit-de-resistanceRassemblées entre autres par Françoise Schwab, éditrice de ses oeuvres posthumes, ces lettres et conférences de Vladimir Jankélévitch (1903-1985) témoignent de la persévérance d'une philosophie qui ne dissociait pas pensée et action, une pensée en tension avec son temps. « Voilà 34 ans que je m'égosille » clamait le métaphysicien doublé d'un moraliste. Frappé de plein fouet par les lois raciales avant même qu'elles ne fussent appliquées sous l'Occupation, il fut banni de la Faculté mais échappa à la déportation.
La question de l'Etre, au centre de sa réflexion, fut là, doublement ébranlée par cette mise au ban de la société « parce que juif » et par le hasard qui le sauva du sort réservé à six millions d'autres Juifs. Cela eut lieu, impossible d'oublier, voire de pardonner. Il ne pardonna jamais. Toute sa vie, il porta cette dette et cette blessure. « Je ressens l'obligation de prolonger en moi les souffrances qui m'ont été épargnées. »
Le philosophe du pur Amour, du Bien « vers lequel il faut se tourner avec l'âme toute entière », sonda l'irrationalité du Mal, interrogea la Mort, le paradoxe de la Morale, l'Irréversible, le Pardon, autant de thèmes qui sont des titres de livres qui interrogent une pensée en mouvement, vigilante, indomptée, souvent véhémente, paradoxale toujours. Ainsi Jankélévitch, qui connaissait admirablement la musique, se détourna après guerre, définitivement de tout ce qui venait d'Allemagne, où il ne remis plus jamais les pieds. Adieu Goethe, Beethoven. A cause d'Heidegger sans doute, que l'intelligentsia française n'eut de cesse de réhabiliter quand Jankélévitch lui, refusa d'oublier que le philosophe allemand soutint le nazisme à la fin des années 30. Jankélévitch lui, s'en tint à ceci « en morale ce qui est fait reste à faire- à faire et à refaire. » Des textes de lutte contre le racisme, la peur de l'Autre, qui affirment avec force que « l'indignation morale est le seul moteur grâce auquel nous passons du constat notionnel à l'effectivité, et du spectacle platonique de l'inégalité au refus insurrectionnel du scandale. »


Vladimir Jankélévitch : L'esprit de résistance, textes inédits, 1943-1983, Albin Michel

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