Le blog de la librairie Graffiti. Nos lectures, notices et critiques en littérature étrangère.

Littérature étrangère
Les Endormeurs, de Anna Enquist

endormeurs enquistDéroutant, le nouveau roman d’Anna Enquist entre dans le mystère de l’anesthésie, l’endormissement de la douleur physique, et la met en regard de la psychanalyse qui elle, tente d’éveiller la conscience à la souffrance psychique. Fine psychologue elle-même, elle insère ces deux pratiques au sein d’une même famille et en explore les contradictions.
Suzanne est une anesthésiste ultra compétente, plus douée pour le monde des urgences que pour la vie hors de l’hôpital « ce monde dans lequel on n’a pas réponse à tout ». Son frère Drik est psychiatre, tout comme son mari, plus habiles à libérer la parole de leurs patients que la leur. Suzanne est amenée à superviser un jeune interne, qui s’avère être aussi le patient de son frère et le petit ami de sa fille.
Un échiquier qui vole en éclat sous le coup de pulsions non contrôlées, de non-dits, de frustrations mises en sommeil depuis l’enfance. Sous les nombreux aspects cliniques de ce roman, Anna Enquist excelle à donner à entendre les tempétueux silences d’êtres, plus doués pour l’action que pour l’introspection, et qui s’endorment eux-mêmes à coup d’opiacés, de whisky ou de fuite en avant.

Anna Enquist : Les Endormeurs, traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Arlette Ounanian, Actes Sud, 2014, 368p, 22,80€

 
Expo 58, de Jonathan Coe

expo58 jonathan coeL’Atomium inspire à Jonathan Coe un roman d’espionnage aussi charmant , léger, que désuet, tout à fait dans l’esprit de la fin de ces années cinquante qui vantaient les arts électroménagers et l’universalisme du modèle occidental.
Thomas Foley, fringant jeune employé du Ministère de l’Information quitte Londres pour superviser le Pavillon britannique à l’Expo 58. Son physique avantageux et sa candeur vont l’embarquer dans une mésaventure amoureuse avec une jolie flamande et, à son insu, dans les arcanes des services secrets russes et américains. Péripéties beaucoup plus enivrantes que la vie petite-bourgeoise qu’il mène dans sa banlieue anglaise.
Le lecteur belge lui, se replonge avec plaisir dans le décor en toc, parfois avant-gardiste et audacieux de l’Expo Universelle en s’étonnant toutefois que, sous la plume de Jonathan Coe, - invité il est vrai en résidence d’écriture par Het Beschrijf -, Bruxelles semble être une ville unilingue, entendez flamande… Une nouvelle guerre froide en perspective ?

Jonathan Coe : Expo 58, traduit de l'anglais par Josée Kamoun, Gallimard, 2014, 328p, 22€.

 
Une terre d'ombre, de Ron Rash

une terre dombreRon Rash est de ces auteurs qui ne s'embarassent pas de littérature, et qui en compose une superbe. La puissance des éléments naturels et l'impuissance des êtres, se répondent avec maestria. Le Bien et le Mal sont au coeur de ses récits, imprégnés, parfois de la grandeur, et souvent, de la bêtise humaine. En 1916, en pleine Guerre Mondiale, elle était partout, jusqu'au fin de fond d'une sombre vallée de Caroline du Nord. Là survivent sous l'opprobre, un frère revenu du front, estropié, et sa soeur soupçonnée de sorcellerie par les gens du bourg, parce qu'elle porte une tache de vin. Ils ont à peine vingt ans. Un jour de solitude comme les autres, la jeune femme entend un air de flûte traversière... Soudain, la beauté, le mystère, l'amour entrent dans sa vie pour le meilleur et pour le pire. Ron Rash a le sens des images et une maîtrise narrative redoutable qui mêle à la fois, la poésie de la vie dans ce qu'elle a de plus beau, à la noirceur des âmes profondes comme un puits.

Ron Rash : Une terre d'ombre, traduit de l'américain par Isabelle Reinharez, Seuil, 2014, 252p, 20€.

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