VIE DU LIVRE #22 octobre 2009

Frédéric Mitterrand et sa politique en faveur du livre

 
SOURCE : livreshebdo.fr 30/09/2009 "

Frédéric Mitterrand place le numérique au cœur de son action.
Le nouveau ministre de la Culture et de la Communication s’est exprimé pour la première fois, mercredi 30 septembre, sur la politique du livre.

Attendu par tout un aréopage de professionnels, mercredi 30 septembre au Centre national du livre, le nouveau ministre de la Culture et de la Communication a saisi l’occasion d’une présentation de l’édition du rapport du député UMP Hervé Gaymard, Pour le livre, rapport sur l’économie du livre et son avenir (Gallimard) pour évoquer pour la première fois ses orientations dans le domaine du livre.

Affirmant son engagement pour que puisse émerger une offre légale et attractive de livres numériques et proposant un accompagnement public aux éditeurs, Frédéric Mitterrand a déclaré vouloir faire de la révolution numérique “une des priorités” de son action.

Le ministre a incité les éditeurs à s’organiser pour créer une plateforme unique, capable d’offrir une alternative à Google, tout en appelant la profession à “dépassionner” le débat sur Google.

Tout en émettant de fortes réserves sur le projet d’accord américain, il entend étudier précisément les enjeux en distinguant les œuvres sous droit, dont les œuvres orphelines, et les œuvres du domaine public.

Il a annoncé pour le premier semestre 2010 le résultats des trois études sur le numérique lancées par son ministère : sur les usages et le public des livres numériques, sur leur prix et sur le piratage des livres sur Internet.

Attachement à la loi Lang

Le ministre a aussi réaffirmé son attachement à la loi Lang et annoncé la poursuite des efforts pour en optimiser les effets.

Il a notamment indiqué avoir engagé une réflexion pour étendre à d’autres librairies porteuses de la diversité éditoriale le dispositif du label pour la librairie indépendante de référence (Lir) décerné, pour la première fois cette année, à 406 établissements.

Parallèlement, Frédéric Mitterrand s’est engagé à soutenir la proposition de loi déposée par Hervé Gaymard, qui vise à éxonérer définitivement la chaine du livre de la réduction des délais de paiement décidée dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie (LME).

Déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale, approuvée par les députés et les sénateurs, la proposition doit désormais être inscrite à l’ordre du jour parlementaire.




 

 


RAPPORT DU LENTIC 2004
SUR LE MARCHE DU LIVRE EN BELGIQUE

SOURCE : LESOIR.BE

Bonne nouvelle : les livres en français se vendent comme des petits pains, en Belgique. Mauvaise nouvelle : la part des maisons d'édition belges dans ce festin rétrécit. Tels sont les grands enseignements d'une étude réalisée par le Laboratoire d'études sur les nouvelles technologies de l'information, la communication et les industries culturelles (Lentic, ULG), pour le compte du service promotion des lettres de la Communauté française.

D'après cette étude, le chiffre d'affaires généré par les livres de langue française en Belgique a augmenté de 4,7 % entre 2002 et 2003, où il atteignait 232 millions d'euros. En annulant les effets de l'inflation, la hausse atteint 3,1 %. La croissance est, en outre, en hausse par rapport à 2002, où elle atteignait 2 % hors inflation. Ce sont les ouvrages de littérature générale qui ont connu la plus forte hausse entre 2002 et 2003.


INFOGRAPHIE: LESOIR.BE

Elle s'établit à 10,6 %. Les bandes dessinées (+ 9,3 %), les livres de jeunesse (+ 9,2 %) et les ouvrages au format de poche (+ 8,4 %) connaissent également une belle croissance. Sur une plus longue période (1998 - 2003), ce sont les livres pour la jeunesse qui progressent le plus (+ 7,7 %).

La littérature générale tire également son épingle du jeu (+ 4,8 %), tout comme les livres de poche et les bandes dessinées (+ 3,8 % pour ces deux catégories). En fait, seuls les livres scientifiques, techniques et médicaux subissent un repli entre 1998 et 2003 (- 0,2 %). Reste à savoir si cette augmentation globale du volume est due à une hausse des prix ou à une augmentation des ventes par unité... L'étude ne s'est pas penchée sur cet aspect. Je pense néanmoins que l'augmentation enregistrée en 2003 n'est pas uniquement due à une hausse des prix , explique Marc Minon, directeur d'études au Lentic. En 2002, on pouvait supposer que l'augmentation du chiffre d'affaires pouvait résulter uniquement d'une hausse des prix. Mais, cette année, la hausse est telle qu'il me semble qu'elle s'explique également par une croissance du nombre de livres vendus. Sur la période étudiée, le Lentic a constaté un effondrement du marché du disque, le deuxième marché éditorial en Belgique.

Le centre de recherche ose une interprétation : « On peut se demander s'il n'y a pas eu un mouvement de report des achats - notamment des achats de cadeaux - d'un secteur vers l'autre au cours des deux dernières années. » La croissance enregistrée ne profite toutefois pas à tout le monde de la même manière. Ainsi, les livres vendus par les éditeurs belges ne représentent-ils que 28 % du marché. Autrement dit, 72 % des achats de livres de langue française en Belgique portent sur des ouvrages édités à l'étranger. L'étude indique aussi que la situation des maisons d'édition belges ne s'améliore pas. En 1998, la proportion d'ouvrages belges vendus en Belgique atteignait encore 32 %.

Pour Marc Minon, le phénomène d'effritement touche surtout les ouvrages de littérature générale. De ce point de vue, les maisons belges souffrent de la moindre médiatisation de leurs ouvrages dans les grands journaux français, ainsi que de leur position délocalisée par rapport à Paris. Heureusement, les maisons belges vendent également des livres à l'étranger. A l'exportation, leur chiffre d'affaires s'élève à 80 millions d'euros, ce qui représente 57 % de leurs revenus. Ce volume d'exportation peut paraître encourageant. Tous les livres belges ne s'exportent toutefois pas avec le même bonheur. On peut estimer que 80 % des exportations concernent des bandes dessinées , explique Marc Minon.

Enfin, le Lentic s'est intéressé aux canaux de distribution des ouvrages. Ce sont les grandes surfaces qui connaissent la plus forte croissance. Leur part de marché s'élève à 23 % et a augmenté de 6 % entre 1998 et 2003. Ce n'est pas pour autant que le petit libraire n'a plus la cote : sa part de marché a augmenté de 4,1 %... Les clubs de livres ont le sourire moins franc : leur importance a décliné de 1,7 %... Sur le plan méthodologique, on notera qu'en l'absence de compilation officielle, les chiffres du Lentic ont été recueillis sur base de questionnaires envoyés aux clubs de livres, éditeurs, maisons de diffusion et de distribution, et éditeurs français. Ils ont été recoupés auprès des magasins Carrefour, Fnac, Cora et Club.

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