| Faut-il interdire la vente en ligne pour les livres ? |
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Inutile de dire que la réaction des internautes a été quasi unanime pour dénoncer une idée qui, en effet, ne tient pas fort la route. S’il est absurde de vouloir interdire la liberté d’expression et d’accès au savoir que procure Internet, s’il est vain de dénoncer ou de nier les nouveaux modes de consommation générés par le net, il est cependant possible d’aller au-delà de ces réactions légitimes mais finalement assez attendues et… conformes au nouveau "politiquement correct". Je ne sais si Jean-Marc Roberts a voulu faire de la provoc’, mais ce qui est sûr, c’est qu’il a voulu pointer un réel problème qui se pose aujourd’hui au marché du livre, et plus spécialement aux éditeurs et à la librairie indépendante. Le livre a traversé assez honorablement la crise financière des années 2008 et 2009, mais on savait que son économie est « contra-cyclique ». L’effet retard est bien présent aujourd’hui. Le magazine professionnel Livres-Hebdo citait récemment quelques chiffres : « la baisse des ventes se poursuit en avril (…) le marché du livre régresse de 2% en euros courants par rapport à la même période de l’année précédente (…) Le recul est proche de 4,5% en données corrigées des jours ouvrables. La baisse de l’activité est également de 4,5%en volume. » Ce qui inquiète en fait, c’est que cette baisse de régime dure et semble connaître d’autres facteurs d’aggravation que la crise, parmi lesquels certainement l’usage et les pratiques d’Internet. Mais, dirons-nous, si les ventes en ligne compensent (ce qui n’est pas le cas, précisons-le) les moindres ventes dans le commerce « bricks and mortar» comme disent les Américains, de quoi les éditeurs se plaignent-ils ? C’est ici que le cri d’alarme de Jean-Marc Roberts trouve sa pertinence. L’économie du livre est particulière. Comme tout marché de création, c’est un marché de Ce que Jean-Marc Roberts dit, de façon provocante (il s'en est expliqué depuis), c’est que le livre a besoin de relais, libres comme libraires, indépendants, et surtout diversifiés. Comme le disent certains professionnels du livre, la librairie est un de ces lieux, plutôt rares de nos jours, où l'on trouve ce qu'on ne cherche pas. Et où la relation au livre trouve à s'incarner. Finalement, la question d’Internet, pourrait n'être que subsidiaire, si elle ne posait cette autre question, le rôle essentiel, et donc l'existence, de la librairie indépendante dans l'économie de la création. Et on ne parle pas ici du numérique, sur lequel il y aura bien d’autres choses à dire. En France, les pouvoirs publics se sont associés aux libraires et aux éditeurs, pour lancer une campagne publicitaire sur le thème Ou comme disent les libraires indépendants américains, qui ne sont plus très nombreux, on s’en doute : Independent booksellers for independent minds. Pour en savoir plus sur ces questions, quelques liens intéressants : http://www.xerfi.fr/Newsletter/xerfiactiv/Live/xerfi_secteur-et-marche_alexandre-boulegue_librairie.html |