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Libraire à l'égyptienne #février 2005

par Claude GUIBAL le 15 février 2005

Source :LIBERATION.FR

Agnès, 38 ans, est libraire en Egypte. Elle jongle entre les exigences de la censure et les difficultés économiques.
«J'ai débuté il y a sept ans avec une librairie francophone itinérante. J'ai sillonné l'Egypte jusqu'à deux cents jours par an, d'Alexandrie à Assouan, en passant par Le Caire, une ville qui compte huit librairies francophones pour 18 millions d'habitants. L'idée était de mettre le livre à la portée de tous les Egyptiens, en faisant des petites expositions pendant quelques jours dans les écoles. Je sélectionnais une quarantaine de cartons de livres. Des cahiers d'activités, des bandes dessinées, des romans, mais pas de manuel scolaire car je voulais développer la lecture plaisir. Cela n'a pas été facile. Dans les écoles religieuses, les sœurs faisaient défiler les élèves en leur demandant de garder les mains dans le dos et en leur interdisant de toucher les livres.
Aujourd'hui, j'ai deux librairies, l'une à Alexandrie et l'autre au Caire. En tout, j'emploie cinq Egyptiens. Aucun n'était formé pour ce métier. Les Egyptiens ont un sens aigu de la hiérarchie, il faut donc ménager les susceptibilités. Comme le français n'est pas leur langue maternelle, je dois m'assurer que ce que je demande a été bien compris, je dois repasser derrière systématiquement. Du coup, difficile de déléguer. Je travaille six jours par semaine, environ dix heures par jour. Les relations humaines sont très agréables, moins stressantes qu'en France. La gentillesse des Egyptiens facilite les choses, personne ne rechigne à travailler une demi-heure de plus à l'occasion.
Il y a deux ans, on a subi une dévaluation de plus de 100 %, ça a été très dur. J'ai dû doubler le prix des livres, ça a réduit fortement la clientèle. Ça a aussi posé problème avec les magazines pour enfants sur abonnement. Les parents avaient payé pour l'année, et je n'ai pas osé réévaluer le prix de l'abonnement. J'ai dû compléter de ma poche.
Je suis obligée de m'autocensurer dans mes commandes car la censure en Egypte est très forte. Elle s'effectue dès que mes livres arrivent à l'aéroport. Et là, ça peut durer. Je laisse mon transitaire s'occuper de tout car si j'y allais moi-même, cela serait encore plus long et ça me coûterait plus cher. Il n'y a pas de liste précise de livres interdits. C'est au petit bonheur la chance. Par exemple, la clientèle française cherche des ouvrages pour mieux comprendre l'islam. Or, c'est compliqué car la censure me réclame souvent une traduction arabe du livre pour la soumettre à Al-Azhar, la principale autorité religieuse du pays. Une fois, j'ai commandé cinquante exemplaires de la Bible et cinquante du Coran. La Bible est passée sans problème, mais pas le Coran car le traducteur n'était pas assermenté par Al-Azhar. Les cinquante exemplaires sont passés par pertes et profit. Il y a aussi les problèmes liés aux couvertures de romans. Dans mes rayonnages, j'ai le deuxième tome de Sinouhé l'Egyptien , mais pas le premier : sur la couverture, il y a une femme nue, donc, interdit.» http://www.liberation.fr/page.php?Article=275693

La banque du livre, un vrai best seller

Source : LALIBRE.BE

"Outil d'information et de commercialisation, elle est un catalogue à jour et à la page.
De plus en plus consultée, elle réunit éditeurs, libraires et clients grâce à Internet.
La Banque du livre n'est pas une nouvelle institution financière. C'est une association interprofessionnelle qui regroupe depuis un peu plus d'un an (avec l'appui des pouvoirs publics) les éditeurs et les distributeurs francophones de Belgique. Son objectif est de mettre à la disposition de tous les acteurs de la «chaîne du livre» un outil performant d'échange d'informations et de commercialisation via une banque de données disponible sur Internet.
Concrètement, le réseau «BDL» propose à ce jour, à une centaine de librairies belges, l'accès à un catalogue élaboré par plus de 11000 éditeurs et distributeurs (dont 80 Belges) et présentant une compilation de près de 900000 titres (dont 14000 Belges). En un an, le site www.banquedulivre.net est ainsi passé de 2300 consultations par jour à 5100. La progression est fulgurante.

« La Banque du livre est un tuyau entre les libraires et leurs fournisseurs, distributeurs et éditeurs. C'est un outil de gestion indispensable pour les libraires vu qu'il permet l'élaboration et la transmission de commandes en direct, par un simple clic informatique, à un éditeur, quels que soient sa taille et son système de distribution », se félicite Raphaël Bonaert, administrateur délégué.

Des projets pour 2005

Mise à jour quotidiennement à partir du «Fichier exhaustif du livre», la banque de données propose des informations pratiques très précieuses sur les livres édités en France et en Belgique. Elle mentionne si tel ouvrage est disponible, épuisé ou en réimpression. Elle instaure une sorte de traçabilité.
Les créateurs de la Banque du livre ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Pour 2005, ils se proposent d'augmenter le nombre d'éditeurs présents dans le fichier, d'élargir le cercle des libraires adhérents, d'améliorer le mode d'expédition des ouvrages, de vendre des livres à des clients institutionnels, de simplifier les opérations comptables des libraires, etc. Quant au client, il pourra consulter directement le fichier sous le label de sa librairie, constituer son panier de commande et le transmettre au commerçant par voie électronique. Une façon comme une autre pour le marché belge de l'édition de récupérer une partie du flux qui converge depuis des années vers les librairies virtuelles.
La Banque du livre entend aussi renforcer ses liens avec la Boekenbank, son équivalent en Flandre, ce qui permettra de passer des commandes croisées de communauté à communauté. "

© La Libre Belgique 2005
En savoir plus... www.banquedulivre.net

 

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