Votre librairie en Brabant Wallon. Commandez vos livres en ligne, venez les chercher en magasin !

Lire avec Graffiti
Le fracas du temps, de Julian Barnes

fracas-du-temps-barnesFallait-il braver Staline et mourir jeune, en martyr comme le poète Ossip Mandelstam, le dramaturge Meyerhold, comme les proches des grandes poétesses Akhmatova et Marina Tvsetaeïva réduites au silence ? Ou valait-il mieux courber l’échine, lécher la main du Petit Père des peuples et durer ? Chostakovitch, comme Pasternak s’est plié au système, pour préserver sa famille, ses proches et sa vie. Est-ce du courage, est-ce de la lâcheté ? Qui peut juger ce que suppose vivre dans la terreur ?

Julian Barnes entre avec maestria dans cette douleur intime. Sa biographie romancée pénètre la conscience et la peur, qui suinte à chaque page de cette existence confisquée. Tour à tour honoré, décoré, souvent interdit, Chostakovitch était paradoxalement plus joué et reconnu en Occident qu’en Russie qui jugeait sa musique « formaliste », élitiste ou grossière. On l’accablait de musiques de films de propagande, l’empêchant du même coup de composer des opéras pour lesquels il se sentait fait. Mais Staline assassina son opéra « Lady Macbeth de Mzensk », pourtant ovationné des deux côtés du rideau de fer, et il n’en composa plus jamais. Humiliation suprême, Chostakovitch fut envoyé en délégation aux Etats-Unis, défendre les médiocres canons de l’art soviétique et dénigrer publiquement Stravinski, réfugié aux USA. Stravinski, qu’il admirait plus que tout. Mais le coup de grâce vint lorsqu’à la fin de sa vie, Khrennikov, Secrétaire Général de l’Union des compositeurs, qui avait pourri sa vie, le somma de le rejoindre aux côtés des censeurs et du pouvoir.
Julian Barnes montre le tragique d’une existence qui aura bu le poison jusqu’à la lie.

Julian Barnes, Le fracas du temps, traduit de l'anglais par Jean-Pierre Aoustin, Mercure de France, 2016


Ce livre vous intéresse ? Réservez-le ici

et sa version numérique ici

 
Le fils de Saul, un film de Laszlo Nemes

le-fils-de-saul-dvdOctobre 1944, Auschwitz-Birkenau.
Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d’assister les nazis dans leur plan d’extermination. Il travaille dans l’un des crématoriums quand il découvre le cadavre d’un garçon dans les traits duquel il reconnaît son fils. Alors que le Sonderkommando prépare une révolte, il décide d’accomplir l’impossible : sauver le corps de l’enfant des flammes et lui offrir une véritable sépulture.

Le Fils de Saul est un film dramatique hongrois coécrit et réalisé par László Nemes, sorti en 2015. Le film a été sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2015 où il a remporté le Grand prix.

Le fils de Saul, un film de Laszlo Nmes, Cinéart

 
A toute berzingue, de Kenneth Cook

a-toute-berzingueLe titre est explicite, quoique le titre anglais le soit tout autant, Fear is the rider. Car il s'agit bien de cela : la peur, et une fuite éperdue à travers l'outback australien, dans une petite Honda qui n'a rien à faire dans la caillasse et le désert, pour échapper à un fou sanguinaire.

C'est la situation où se retrouvent Shaw et Katie, qui viennent à peine de se rencontrer, et qui se retrouvent, menacés de mort, dans la fournaise et la poussière de cette partie intérieure du continent australien où l'on ne s'aventure pas sans se voir intimer l'ordre "de ne jamais abandonner son véhicule", sous peine de mourir dans les deux jours. De soif et de chaleur. 
Suspense garanti. Guère de psychologie dans ce livre haletant, où l'on joue avec les nerfs du lecteur ; on n'a pas de temps à perdre si l'on veut survivre à cette chasse à l'homme, et à la peur d'être englouti dans l'outback, décrit d'ailleurs magnifiquement par Douglas Kennedy, qui préface ce roman posthume d'un auteur connu pour ce livre culte qu'est Cinq matins de trop.
Suspense garanti, on vous le dit.


Kenneth Cook : A toute berzingue, traduit de l'anglais (Australie) par Mireille Vignol, Autrement, 2016, 230p.

Ce livre vous intéresse ? Réservez-le ici

et sa version numérique, ici


 

 

 
Viens avec moi, de Castel Freeman Jr

viens-avec-moi-freemanDélicieux non-sens pour ce roman noir américain qui élève au rang de braves, une corporation de tire-au-flanc. Il fut un temps où ils étaient bûcherons, menuisiers, ouvriers avant que la crise ne passe par là et qu'ils ne fassent de l'ancienne scierie le bar des paumés. C'est là que déboule une jolie trentenaire, envoyée par le courageux shérif qui se débine en ayant l'air de rendre service. Blackwell, son ancien adjoint vient d'exploser le pare-brise de la dame après lui avoir égorgé son chat. Manières délicates de la poursuivre de ses assiduités.
Ce Blackwell, terrorise ce bled du Vermont et à fait du passe-droit, de l'intimidation et du racket des spécialités locales. La donzelle n'entend pas se laisser faire, ni quitter le pays comme on le lui conseille. Et elle vient chercher de l'aide pour le faire bien comprendre au sus-nommé. Folle la guêpe mais pas givrée au point d'y aller seule. C'est donc avec un simplet baraqué comme un panzer et un sexagénaire perclus qu'elle ira.
Toute la saveur de ce polar est dans les dialogues dignes de ceux d'Audiard et le triomphe de l'absurde d'une croisade de déclassés magnifiques, marginaux, faibles et vieux, tous résistants à la cupidité, la brutalité et l'impunité. Des personnages hauts en couleurs pour un régal de lecture adapté au cinéma et bientôt sur les écrans avec Anthony Hopkins.

Castel Freeman Jr : Viens avec moi, Sonatine, 2016

 

 

 
<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>

Page 3 sur 70