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Vie du livre
Mobilisation contre Amazon

Mobilisation contre Amazon

Publié le 03 janvier 2013 par ca

En France, des libraires indépendants et des enseignes commencent à se mobiliser contre les pratiques d’Amazon, alors que l’opinion britannique s’indigne du régime fiscal du géant de la vente en ligne.

Dans son numéro du vendredi 4 janvier 2013, Livres Hebdopublie les tribunes de Frédéric et Jean-Pierre Delbert, de la librairie Martin-Delbert à Agen, et du Syndicat des distributeurs de loisirs culturels (SDLC), qui entendent sensibiliser les lecteurs et les citoyens contre les pratiques d’Amazon, au moment où, en Grande-Bretagne, l’opinion s’indigne des pratiques du géant de la vente en ligne.

Libraires indépendants et enseignes dénoncent la communication tous azimuts d’Amazon et l’attitude jugée ambigüe des pouvoirs publics à son égard. Frédéric et Jean-Pierre Delbert jugent ainsi qu’«il est temps de dénoncer ce qui est une véritable imposture et de dire à nos consommateurs de livres: n’achetez surtout pas chez Amazon mais chez votre libraire! Et vous y gagnerez énormément!»

«Toute commande effectuée sur le site de ce cybermarchand diminue indirectement la recette fiscale locale, donc augmente vos impôts locaux et diminue également la recette fiscale du pays puisque cette société, dont le siège européen est basé au Luxembourg, paie une part infime de l’impôt sur ses bénéfices en France, grâce à une optimisation fiscale extrêmement sophistiquée. Et pourtant, malgré ce comportement peu éthique, l’implantation du dernier site d’Amazon à Chalon-sur-Saône en France est subventionnée par nos élus locaux à des taux stupéfiants», argumentent les libraires d’Agen.

Ces aides publiques, annoncées alors que le fisc français réclame 198 millions d’euros à Amazon, excèdent aussi les membres du SDLC. Les présidents d’Actissia (Chapitre), Cultura, Decitre, Le Furet du Nord, Starter et Virgin Megastore, se disent «révoltés par ce discours parfaitement contradictoire des pouvoirs publics.»

«Ces subventions, payées par le contribuable, ont vocation à procurer à cette entreprise un réel avantage sur ses concurrents en ligne pour la vente de produits culturels», estiment-ils. «Or, loin de constituer un modèle vertueux, c’est bien la conjonction du bénéfice de schémas d’optimisation fiscale mis en place par certains Etats membres de l’Union européenne, d’une part, et de la pratique du dumping sur les prix des produits vendus, d’autre part, qui a constitué la puissance d’un tel groupe en Europe. Comment peut-on raisonnablement financer la création d’emplois sur fonds publics d’une entreprise qui ne paie pas ses impôts en France? », protestent les membres du SDLC.

Voir la tribune de Frédéric et Jean-Piere Delbert

 

 
Amazon again

Des lecteurs anglais boycottent Amazon
(Un article publié le 14 décembre 2012 dans Livres-Hebdo, avec le magazine professionnel anglais The bookseller).

Les libraires britanniques indépendants voient revenir vers eux des clients d’Amazon indignés par l’évasion fiscale du libraire en ligne. Les Anglais s’engagent auprès des librairies indépendantes!
Le site de notre confrère The Bookseller publie, dans un article daté du 14 décembre, des témoignages de libraires ravis de voir que de plus en plus de personnes préfèrent acheter des livres dans des librairies indépendantes plutôt qu’à Amazon. Ce «contrecoup» fait suite à la couverture médiatique concernant l’évasion fiscale de la société Amazon (voir notre actualité). Un libraire, David Dawkins, affirme ainsi: «Nous avons certainement vu un petit afflux de nouveaux clients qui disent vouloir être des consommateurs éthiques et ne sont simplement plus heureux avec Amazon. Ça fait plaisir à voir». Une autre, Morag Watkins, qui avait affiché à la fenêtre de sa librairie un poster de l’Association des libraires, sur lequel était inscrit «Nous payons nos impôts», déclare: «Un nombre signifiant de clients a dit: “nous prenons la décision d’aller chez vous plutôt que chez Amazon“», rapporte le site. Une pétition a été lancée par les libraires Frances et Keith Smith (sur change.org) pour demander à Amazon à payer ses impôts. «En attendant qu’ils le fassent, pensez s’il vous plaît à acheter dans les magasins locaux et indépendants au lieu d’Amazon», encouragent-ils. De plus, un rapport du consultant Simon Kucher bat en brèche la réputation d’Amazon de proposer des prix bas. Selon le rapport, la stratégie d’Amazon consiste à offrir des prix concurrentiels seulement pour le top 20 des bestsellers. Ce rapport intervient dans un contexte tendu. Depuis plus de trois ans, les services fiscaux de la Grande-Bretagne (ainsi que de l’Allemagne et de la France) enquêtent sur Amazon. Les ministres des finances des trois pays ont notamment engagé une démarche auprès de l’OCDE pour mettre fin à cette évasion fiscale.

 
Amazon et la fiscalité. Le Parlement britannique enquête...

Amazon contraint d'avouer son chiffre d'affaires réél au Royaume-Uni

Publié le 27 novembre 2012 par hh

Peu satisfaits de l’imprécision des réponses du représentant d’Amazon lors de son audition, les députés britanniques ont exigé et obtenu un complément d’information par écrit.

Auditionné le 12 novembre dernier devant la commission des finances de la Chambre des communes, Andrew Cecil, directeur des relations institutionnelles d’Amazon pour l’Europe, a dû compléter ses réponses concernant l’activité et les impôts payés par le groupe américain au Royaume-Uni, qu’il n’avait pu fournir à la grande insatisfaction des parlementaires britanniques.

Ces réponses ont été publiées sur le site du parlement. On peut y lire que le chiffre d’affaires consolidé d’Amazon UK a atteint 3,351 milliards de livres (4,15 Mds €), dont 2,91 M£ pour l’activité principale (3,6 Mds €) et 441 millions de livres (541 millions €) pour les filiales. Le résultat avant impôts est de 74 millions de livres (91,6 millions €), mais il est amputé de 151 millions de livres (187 millions €) de reversements vers la holding luxembourgoise, notemment pour les licences d’utilisation de la technologie et des logiciels développés par le groupe américain.

En Grande-Bretagne, comme en France, les filiales d’Amazon ne sont que des sociétés de service facturant des prestations (logistique, gestion de site, marketing) à la holding luxembourgeoise, qui encaisse toutes les transactions réalisées par le groupe en Europe. Amazon UK déclare ainsi un chiffre d’affaires de 205 millions de livres (254 millions €) et paie 1,8 million de livres (2,2 millions €) d’impôt sur les sociétés (IS). En France, Amazon a déclaré 104 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, a réalisé 9,3 millions d’euros de bénéfice et a payé 4,9 millions d’euros d’impôts.

Opacité au Luxembourg

En revanche, les documents fournis ne précisent pas le montant de l’impôt sur les sociétés acquitté au titre des bénéfices encaissés au Luxembourg. Selon les comptes très succints déposés sur place, une seule des filiales installées au Grand duché s’acquitte d’un IS, de 5,47 millions d’euros en 2010. Le groupe déclare 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires au Luxembourg.

S’ils mentionnent la TVA collectée et reversée sur les biens physiques vendus en Grande-Bretagne (soit 418 millions de livres, 517 millions €), les documents publiés ne mentionnent pas la TVA restant au Luxembourg sur les numériques (musique, livres, films, applications), où elle n’est que de 3%.

La France réclame 198 millions d'€

En France, les sénateurs devaient auditionner en début d’année Xavier Garambois, alors directeur général d’Amazon.fr, pour la préparation de leur rapport sur la fiscalité d’Internet, mais celui-ci avait dû annuler ce rendez-vous, et aucune suite n’a été donnée.

La France réclame 198 millions d’euros d’arriérés d’impôts à Amazon, ainsi que le groupe le mentionne dans son dernier rapport trimestriel, ce qui était passé inaperçu jusqu’à l’audition d’Andrew Cecil. Il avait dû reconnaître ce redressement devant les députés britanniques, tout en soulignant que son groupe le conteste vigoureusement.

Les services fiscaux de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de la France enquêtent sur Amazon depuis plus de trois ans. Les ministres des finances des trois pays ont engagé une démarche commune auprès de l’OCDE pour mettre fin à cette évasion fiscale pratiquée à grande échelle par les multinationales d’Internet et des nouvelles technologies - Apple, Google, Microsoft, etc.

 
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