Le blog de la librairie Graffiti. Nos lectures, notices et critiques en littérature étrangère.

Littérature étrangère
Les poissons ne ferment pas les yeux, de Erri De Luca

Erri De Luca Les poissons«À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures..."
Thème récurrent dans son oeuvre, Erri De Luca revient sur le temps de l'enfance, à un âge charnière où celle-ci bascule vers l'horizon inconnu de l'adolescence et puis de l'âge adulte. Basculement dont n'est pas exclue une certaine violence, comme dans ce récit où, lors de vacances d'été, l'attirance qu'exerce sur lui une fillette lui fera endurer les représentailles de garçons jaloux. 
Arrivé à "l'âge d'archive", Erri De Luca, né en 1950, voit le temps écoulé depuis ce bout d'été qui agit comme une focale sur sa vie d'homme, son engagement militant dans l'Italie des années rouges, son travail en usine, et son long rapprochement vers les Ecritures, "sans un souffle de foi".
Ce moment d'enfance fut aussi celui où, comme le premier couple humain, la fillette et lui inventèrent le baiser, "le premier fruit de la connaissance".
Comme on s'en doute, un livre fort, de ceux qui laissent des traces.

Erri De Luca : Les poissons ne ferment pas les yeux, traduit de l'italien par Danièle Valin, sa traductrice de toujours, 129p.

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Yellow birds, de Kevin Powers

yellow birdsYellow birds, c'est un chant traditionnel de l'armée américaine, qui exprime en peu de mots la réalité cynique de la guerre. Kevin Powers s'en inspire pour raconter, sous forme de roman, ce que lui-même a vécu lorsqu'il servait en Irak, et surtout l'impossible retour à la vie civile de ceux qui ont côtoyé l'horreur, sans en comprendre vraiment les raisons.
Car s'il n'y a pas de guerre juste, il y en a certainement de très illégitimes, dont celle d'Irak, et il est difficile de se battre pour une cause qu'on ne comprend pas. Mais en être ne laisse pas le choix, il faut combattre, il faut tuer.

Les deux soldats qui traversent ce livre sont des gamins, 21 et 18 ans. Le premier, Bartle, a promis de ramener Murph, vivant au pays. Promesse non tenue, et dans des conditions particulièrement dures.

Alors, les ravages de la guerre, comment s'en remettre ? On sait, depuis le Vietnam, mais bien sûr c'est vrai depuis toujours, qu'ils ne s'interrompent pas à la fin des combats. Longtemps, toute la vie parfois, ceux qui en reviennent les revivent de façon lancinante.

C'est cela que raconte ce très beau livre, avec une grande justesse de ton, et un sens aigu de la compassion. Sous la peau tannée par le soleil, des hommes qui ont peur, des hommes qui tuent, des hommes qui souffrent.
Tom Wolfe a dit de Yellow Birds qu'il est le A l'Ouest rien de nouveau des guerres américaines en terre arabe. Ecrit par Erich Maria Remarque, A l'Ouest rien de nouveau (1928), manifeste pacifiste, brûlé par les nazis, raconte l'endoctrinement d'une jeune allemand volontaire de guerre, qui part au front et  qui comprend assez vite qu'on l'a trompé.

Kevin Powers : Yellow birds, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson, Editions Stock, 2013, 250p.

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Sélection Hiver 2013 Littérature traduite

« Le Détour » de Gerbrand Bakker

Très attendu, après son premier roman « Là-Haut tout est calme », ce second roman de Gerbrand Bakker est aussi saisissant, magnétique et puissant. Une spécialiste de la poétesse Emily Dickinson, quitte précipitamment Rotterdam pour le Pays de Galles. Que va-t-elle faire là, en plein hiver ? La nature et le destin se conjuguent admirablement autour de cette femme et de ce roman envoûtant.

 

Gerbrand Bakker, Le Détour, Gallimard, 2013, 257 pages, 19.90 €

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« Une fille, qui danse » de Julian Barnes

Julian Barnes excelle a faire d’une histoire ordinaire de souvenirs de collègue une réflexion inattendue sur la mémoire et sur les mensonges qu’on se racontent sur soi. Magistralement orchestré, le passé d’un retraité tranquille et complaisant nous saute à la figure.

 

 

Julian Barnes, Une fille, qui danse, Mercure de France, 2013, 192 pages, 19.00 €

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« Les Boîtes en carton » de Tom Lanoye

Dans les années soixante, un jeune flamand élève des bons pères, tombe amoureux d’un condisciple, et quarante ans plus tard, il raconte comment sa vie en fut bouleversée. Sur le ton burlesque déjà présent dans son livre « La langue de ma mère », Tom Lanoye dépeint une époque aujourd’hui révolue, et un pays qui s’est évaporé, la Belgique catholique et bien pensante. Attention, bien pensant, ce livre n’est ne l’est absolument pas.

 

Tom Lanoye, Les boîtes en carton, La Différence, 2013, 191 pages ,17.00 €

 

« La Guerre des saints », de M. Murgia

Crabas, petite ville de Sardaigne, a goût de paradis pour le jeune Maurizio qui y passe toutes ses grandes vacances. Quel plus fort parfum, en effet, que celui des amitiés de l’enfance, exhalé par l’aventure et ses frayeurs pour rire ? Mais les adultes, eux aussi, peuvent vouloir la guerre des boutons… La peinture sensible d’une communauté en effervescence.  

 

Michela Murgia, La Guerre des saints, Seuil, 2013, 120 pages, 15.00 €

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« Mais qui a tué Harry ? » de Jack Trevor Story

L’histoire hilarante d’un cadavre, Harry, dont tout les habitants du petit village de Sparroswick sont persuadés d’être l’assassin (et chacun avec une bonne raison). Galerie de portrais british, prétexte à décrire une petite communauté bien folledingue adapté au cinéma par Hitchcock himself.

 

 

 Jack Trevor Story, Mais qui a tué Harry, Cambourakis, 2013, 160 pages, 9.00

 

« L’Entrée du Christ à Bruxelles » de Dimitri Verhulst

Une fable drôle et absurde comme nos contrées en ont le secret. En douze stations, l’annonce de l’Entrée prochaine du Christ à Bruxelles amène à raconter la Belgique d’aujourd’hui, ses habitants, ses tribulations communautaires, et la place particulière qu’elle occupe dans le monde. Très flamand, très belge, très politiquement incorrect aussi.

 

Dimitri Verhulst, L'entrée du Christ à Bruxelles, Denoël, 2013, 147 pages, 15,00 €

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