Le blog de la librairie Graffiti. Nos lectures, notices et critiques en littérature étrangère.

Littérature étrangère
L’amandière

Lorsque la servante Maria Rosalia meurt, personne ne la pleure. Surtout pas les fils et filles à papa de la famille qu’elle a fidèlement servi. Pour qui se prenait-elle cette revêche illettrée qui régentait tout ? Et qui voulait des funérailles en grandes pompes ! Elle sera inhumée à la sauvette et à ses frais. Erreur fatale., en Sicile on ne badine pas avec les pactes. Ce premier roman de Simonetta Agnello Hornby, petite-fille de la noblesse sicilienne a fait un tabac. C’est que cette avocate spécialisée dans la défense d’enfants abusés sait ménager le suspens et défendre son personnage (« défaut professionnel », reconnaît-elle). L’Amandière est un tableau mordant de ce qui se cache derrière les volets clos des petites villes de l’île à l’heure de la sieste, l’heure à laquelle la dureté, la sensualité, le brigandage des vauriens et des notables trouvent quelques accommodements.

Agnello Hornby
L’amandière
Points Seuil

 
Dernière frontière

Durant ces années sombres qui déferlaient sur l’Europe, les chemins d’innombrables individus en fuite allaient se croiser. Walter Benjamin, célèbre penseur et critique allemand, mais figure de l’intellectuel indécis, tenta lui aussi de fuir en Amérique. Son destin le rattrapa pourtant à la frontière espagnole, et c’est là que le roman met en scène sa rencontre avec Laureano, combattant républicain en sursis. Deux voix qui alternent tout au long du récit, deux parcours opposés dont la rencontre improbable est un moment de grâce dans une époque glacée.

Bruno Arpaia
Liana Levi
Dernière frontière
(juin 2005)

 
Amours en marge

Une jeune femme se réveille un matin dans un étrange silence. Elle a soudainement perdu l’usage de ses oreilles. Elle n’est pas vraiment sourde car elle entend des sons étranges dans une sorte de distorsion des bruits. Ce qu’elle perçoit c’est un « bruit blanc ». le bruissement du passé.

Invitée par un magazine scientifique à décrire ses symptômes, elle est fascinée par les doigts du sténographe qui note ses paroles et fixe ses mots sur le papier. Ce jeune homme grâce à cette écriture faite de signes étranges va se montrer capable de recevoir les confidences de la jeune femme, de mettre de l’ordre dans la confusion des intuitions et des souvenirs. Il va permettre à la jeune femme de livrer ses souvenirs, de mettre un nom sur les bourdonnements bizarres, d’entrer dans les méandres de sa mémoire. Car c’est de cela qu’il s’agit : les souvenirs ne laissent que des impressions, des saveurs, des musiques, des parfums insaisissables.

Ce roman fascinant fait penser aux films d’André Delvaux. un bus qui ne va nulle part, un lieu qui n’existe pas, un espace qui n’a pas de sens sinon d’être lui-même, un air qui stagne et ne s’écoule pas, une mémoire qui, à cause d’une étrange distorsion, se trouve devant les héros plutôt qu’en retrait.

Yoko Ogawa
Amours en marge
Actes Sud

 
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