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Gabriel Ringlet le jeudi 19 novembre à 20h


Le jeudi 19 novembre à 20h

Gabriel Ringlet
sera l'invité de Graffiti pour y parler de son livre

"Vous me coucherez nu sur la terre nue" (Albin Michel)


ringlet-vous-me-coucherez-nu"À l’approche de la mort, François d’Assise confiait à ses compagnons son souhait de reposer un moment « nu sur la terre nue ». C’est le sens de ce dévêtement ultime qu’explore ici Gabriel Ringlet, pour apporter un éclairage nouveau sur la fin de vie et son accompagnement.
À partir de témoignages bouleversants, dont certains lui sont parvenus après le succès de son livre Ceci est ton corps, l’écrivain et théologien prend le parti de l’infinie douceur pour offrir un viatique qui trouve sens pour chacun.
Il témoigne également de son expérience dans un centre de soins palliatifs en Belgique – où la loi autorise pour certains cas l’euthanasie – et donne alors toute sa place à l’écoute et au rituel pour les personnes qui en font la demande. Les mots justes s’allient aux gestes simples pour cet adieu si singulier.
Une méditation sublime sur la nudité de l’absence, une célébration de la vie."  (présentation de l'éditeur)

Ce livre, profond et poétique, est une utile mise en perspective des questions de fin de vie dans une société ouverte comme la nôtre, où s'entrechoquent l'héritage de nos traditions, notamment religieuses, leur remise en cause à travers une laïcisation évidente des moeurs, et le besoin manifeste de symbolique, d'accompagnement et d'empathie pour les concilier.

 

Une série de textes et de livres ont été cités lors de cette rencontre, textes qu'il nous a été demandé de référencer sur notre site Internet.
Les voici.

 

Entrons dans le solitaire,
Entrons dans le silencieux,
Dans le rien,
Le plus rien,
Qui se tait
Mais se sait.
Entrons dans le silencieux,
Entrons dans le solitaire,
Une voix parle,
Parle sans voix,
Qui se sait,
Mais se tait.
Entrons dans l’abyssal antre:
Effroi, frisson ou offrande.
François Cheng
La vraie gloire est ici Editions Gallimard

“La “voie” symbolique constitue une attestation tranquille et vigoureuse de ce que le visible est réellement relié à l’Invisible,
le créé à l’Incréé, le signe au Signifié”.
François Cassingena- Trévedy
Poétique de la Théologie Editions Ad Solem

“Cœur lézardé de peine
il faut chercher l’ailleurs
Et le chercher ici dans les décombres.” (Maurice Delaforge)
(...)
Peut-être, comme les disciples (...) vous avez le “cœur lézardé de peine”? Alors, “il faut chercher l’ailleurs, et le chercher ici” et ne pas oublier le chant de l’Ascension. Il nous invite, au Notre Père à mêler nos voix d’hommes à la voix de Dieu
Gabriel Ringlet
Eloge de la fragilité Editions Albin Michel

Sur la célébration :

Célébrer, c’est à dire élever, agrandir, élargir, porter plus loin ce qui se joue là de si exigeant et difficile
“ La poésie n’est pas quelque chose en plus dans votre vie, une option, un vernis, une culture, un au-dessus. Non! Elle est un en dedans.
Et un en dedans qui vient à mon secours, qui me soigne et peut me guérir, même si je vais mourir"
“Le vêtement liturgique indique le passage à une autre dimension...
Le recul de la célébration aide à mieux empoigner le profane pour le rendre sacré” (p184) ce moment dit Cheng où “le divin habite l’intervalle
Gabriel Ringlet
Vous me coucherez nu Editions Albin Michel

Célébrer l’au-delà du désir, l’au-delà de soi
Célébrer l’aube des noms réinventés
Célébrer le soir des regards croisé
Célébrer la nuit au visage émacié
Des mourants qui n’espèrent plus rien
mais qui attendent tout de nous."
Guillevic

 “J’avais toutes les réponses là, dans ma tête, toute la philosophie, toutes les certitudes de la foi, mais les larmes coulaient de tous les yeux mortels qui disaient: Pourquoi nous as-Tu fait mortels? Les idées étaient intactes, mais cette nuit là les idées ne me servaient à rien, je les retrouverais demain mais je criais dans la nuit.”...
“Quelqu’un que l’on aime, que l’on met en terre, il n’y a plus d’images, ni mots à dire.”
Jean Sullivan.
Devance tout adieu. Editions Gallimard (Folio)                        

 “C’est malheureux, mais il n’existe pas de formation universitaire qui prépare à l’impuissance”
Marion Muller-Colard.
L’autre Dieu Editions Labor et Fides

 “O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
donne à chacun la mort née de sa propre vie
où il connut l’amour et la misère.” (...)
“Fais qu’il lui soit permis de veiller jusqu’à l’heur
où il enfantera sa propre mort...
Rilke
Le livre de la pauvreté et de la mort. Editions Actes Sud (Traduction d’Arthur Adamov)

“Dans une gestuelle que j’appelle la chorégraphie du deuil, avec des gestes, des mots et des préparatifs, elle (ma mère) m’a aidée à faire le deuil avec elle, pour que je n’aie plus à le faire après.”
Noëlle Châtelet.
La Dernière Leçon et Suite à la Dernière Leçon (Points Seuil)
(Extrait d’une interview dans le Journal “Le 1” 4/11/15)

Avec les êtres aimés il n’y a plus de paroles,
Mais ce n’est pas du silence”
René Char


et a aussi été cité, sur la question de l'euthanasie :
Hans Küng : La mort heureuse, Editions du Seuil

 

 

 
Olivier Bellamy le dimanche 15 novembre à 10h

olivier-bellamy« En savourant le livre Un été avec Montaigne d’Antoine Compagnon, je me suis dit sur le mode de la plaisanterie : à condition de passer l’hiver avec/bellamyhiverschubert Schubert. Et je me suis piqué au jeu. Schubert m’est toujours apparu comme une sorte de chaînon entre Mozart et... Proust.
Une quarantaine de textes ont vu le jour, au moment où les nuits sont longues. Le portrait d’un homme terriblement émouvant m’est apparu. Un coeur pur, un grand esprit, le meilleur des amis. Et toujours seul. Premier des romantiques tout en demeurant un classique, Schubert reste le plus mystérieux des compositeurs. Parce que sa musique éprouve la douleur sans cesser de sourire et qu’elle regarde la mort droit dans les yeux tout en nous faisant aimer la vie.

Cet art subtil répond étonnamment à la crise de notre époque en nous offrant une introspection lucide et courageuse, une mystique tendre pour écouter le monde autrement. Et tellement d’amour. »

Dans le cadre de son partenariat avec la Chapelle musicale Reine Elisabeth,
et à l'occasion de la publication de son livre "Un hiver avec Schubert" (Editions Buchet Chastel)

Graffiti y présente l'auteur de ces lignes,

Olivier Bellamy
le dimanche 15 novembre à 10h

Petit-déjeuner/entretien mené par Sophie Creuz, libraire chez Graffiti, au Foyer de la Chapelle musicale Reine Elisabeth
et suivi, pour ceux qui le désirent, d'un concert avec au programme
Félix Mendelssohn-Bartholdy
String octet in E flat major, op. 20

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Réservation souhaitée.

 

 

 

 

 
Mathias Enard, le mardi 20 octobre à 20h. En quête de l'Orient perdu

mathias-enard-lglLa littérature a ceci d'extraordinaire qu'elle permet à celui qui y consent, la construction d'un imaginaire qui peut se confondre avec la réalité, apportant à l'existence un supplément de vie, une perception du monde dont il serait dommage de se priver.
Disons-le d'emblée. Nous tenons Mathias Enard pour un des tout grands écrivains d'aujourd'hui, tant par le style et l'érudition, que par la constitution d'une oeuvre cohérente, loin de l'égotisme contemporain, sans que pour autant le sujet en soit absent, comme peut le signifier dans ce dernier livre la présence du narrateur.

C'est l'Orient en nous qui le fascine, et presque tous ses livres portent le sceau de cette rencontre entre l'Orient et l'Occident, parfois confrontation, mais très souvent, et il ne faut pas l'oublier en ces temps incertains, symbiose, enrichissement.
Sept ans après le formidable Zone, il revient chez Graffiti.

Mathias Enard
le mardi 20 octobre à 20h

à l'occasion de la sortie de son nouveau livre, au titre aussi bref

Boussole
(Editions Actes Sud)

que nous aimerions sous-titrer
En quête de l'Orient perdu


Ils furent nombreux en effet ceux qui rêvèrent d'Orient, de ses climats, de ses odeurs, terre d'aventures ou d'exploration, nourrie d'une histoire longue, plus longueboussole-mathias-enard que la nôtre, empreinte d'une mystique farouche et pure qui pouvait faire rêver, objet d'étude pour savants érudits, ou d'écriture pour romantiques. Un Orient auquel l'Occident doit beaucoup, et dont se sont inspirés tant de créateurs, Mozart, Goethe, Delacroix, Schubert, Hugo, Chateaubriand, Balzac... Sans que nous le percevions, ces pays fantasmés ont marqué de leur empreinte les arts de l'Occident.
Et précisément, le narrateur de Boussole, Franz Ritter, musicologue viennois, est un de ceux-là. Sa curiosité et sa passion en ont fait un enquêteur érudit de ces échanges, où l'on trouve encore Proust, Liszt, Beethoven, Mendelssohn, Annemarie Schwarzenbach, Donizetti, Mahler, Rimbaud, et on en passe.
C'est l'Orient ou la quête de l'autre en nous. C'est aussi l'Orient entré en Occident, comme la littérature européenne irriguée par Hafez ou Omar Khayyam. Ainsi de Pessoa par exemple.
Il y a donc cet homme, Franz Ritter qui, malade, peut-être en fin de vie, tout au long d'une nuit d'insomnie se remémore sa vie, ses voyages, ses travaux, mais toujours mêle à ses pensées la longue cohorte de ceux qui se frottèrent à l'Orient, parfois sans en revenir. Et il y a Sarah, cet amour au long cours, pousuivi mais sans cesse se dérobant, Sarah qui se porte en Orient comme un poisson dans l'eau, maniant les langues et les idées, nomade universitaire, infatigable dans ses recherches, orientaliste affirmée et "comme tous les orientalistes se posant la question du soi, de l'autre". Et après Vienne, Porta Orientis, il y a Istanbul, Damas, Alep, Téhéran, Le caire, les villes où l'on se retrouve, où l'on parle, et qui forment le creuset de cette quête improbable d'Orient.
Et enfin il y a Palmyre, emblème métaphorique de ce même Orient, auquel l'Occident s'est aussi mêlé pour le pire, et qui nous revient aujourd'hui comme une gifle. Palmyre aux mains des égorgeurs, outil d'une vengeance imprévue et pourtant prévisible. Et en contrepoint, l'Amérique et l'Europe, "en guerre contre l'autre en soi".

La boussole de Beethoven, aperçue un jour par Ritter, marquait l'Est. Cap résolument à l'Est, l'Orient rêvé, l'Orient aujourd'hui perdu.

Revivez en vidéo l'essentiel de cette rencontre avec Mathias Enard

 

 

 
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