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Le sillage de l'oubli, de Bruce Machart |
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Dimanche, 05 Février 2012 11:21 |
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Texas, début du siècle dernier. Une terre rude que se disputent quelques familles, dont celle de Vaclav Skala, durement touché par le destin : la femme qu'il aime meurt en mettant au monde leur quatrième fils, Karel. Dès lors, sa vie ne sera plus que brutale, avec une ambition, agrandir son domaine, et une passion, ses chevaux de course. Jusqu'au jour où débarque un propriétaire espagnol qui lui propose un étrange pari. Une course de chevaux entre Karel et sa fille Graciela, avec comme enjeu le mariage de ses trois filles. Le compte n'y est pas, trois filles chez l'un, quatre fils chez l'autre, c'est la source d'une déchirure familiale. La collection Nature writing des Editions Gallmeister s'enrichit avec ce roman d'une nouvelle découverte. Le sillage de l'oubli est un livre dense et envoûtant, à l'atmosphère rugueuse et aux âmes fortes, dont la critique a souligné les accents "à la Faulkner". C'est une histoire d'hommes, certes, vivant au plus près d'une nature omniprésente. C'est aussi un roman familial, traversé par le personnage de la mère, auquel les fils et les filles n'échappent jamais.
Bruce Machart : Le sillage de l'oubli, roman traduit de l'américain par Marc Amfreville, Gallmeister, 2012, 335p, 23,60€
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Les séparées de K. Davrichewy |
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Vendredi, 03 Février 2012 17:35 |
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Le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont 16 ans. François Mitterrand est élu Président de la République et l'amitié entre les deux jeunes filles semble indéfectible. Trente ans plus tard, les deux amies ne se parlent plus. Pire, elles semblent même nourrir l'une envers l'autre une rancoeur et une rancune qui dépassent l'outrage du temps et des illusions perdues. Que s'est-il passé pour que l'amitié immédiate et fusionnelle qui les liait depuis l'enfance laisse place à une haine froide et tenace ? Rien de ce à quoi le lecteur peut s'attendre. Le roman de K.D., magnifiquement construit, est truffé de fausses pistes et aborde des sujets délicats comme l'indifférence ou le mépris de façon frontale mais subtile. Point de pathos, point de lyrisme. Tout est dit en peu de mots. Le ton est sincère, sans détour, le verbe est précis, les mots claquent, la note est juste, imparable. Jusqu'au final, étourdissant.
Kéthévane Davrichewy, Les Séparées, Sabine Wespieser, 2012, 18.00 €.
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Une année studieuse, de A. Wiazemsky |
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Vendredi, 27 Janvier 2012 17:29 |
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Après "Jeune fille", qui décrivait sa première expérience cinématographique et sa relation complexe avec le réalisateur Robert Bresson, Anne Wiazemsky poursuit avec gaieté son entreprise autobiographique. L'héroïne a pris un an de plus et, à 19 ans, entame une relation avec Jean-Luc Godard, de 17 ans son aîné. 17 années de différence en 1966, quand on est issu d'une illustre famille de la bourgeoisie française (François Mauriac est son grand-père), et que Mai 68 se profile à l'horizon, ça n'est pas une mince affaire...
Mais Anne Wiazemsky est, à bien des égards, tout comme son sémillant compagnon, une jeune femme épatante...
Anne Wiazemsky : Une année studieuse, Gallimard, 2012, 266p, 18 euros.
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Murmures de glace, de Bettina Balaka |
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Dimanche, 22 Janvier 2012 22:15 |
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On ne connaissait pas jusqu’ici en France Bettina Balaka, qui n’avait pas encore été traduite. C’est chose faite - et bien faite - grâce aux remarquables éditions Quidam.
La quatrième de couverture annonce d’emblée la couleur : « On croit lire un inédit de Joseph Roth, et puis non, plutôt un polar de Mankell, à Vienne cette fois. » Murmures de glace, c’est en effet tout cela. Car l’auteur parvient à mener de front 3 facettes d’un même récit : l’intrigue autour d’une série de meurtres dans la capitale autrichienne de l’après Première guerre mondiale, des épisodes du conflit qui a ensanglanté l’Europe quelques années auparavant, et le retour à la vie civile du personnage principal, le lieutenant Balthasar Beck. L’ensemble donne un texte ambitieux qui, s’il démarre lentement, gagne peu à peu en suspense et en envergure.
La traduction est, de plus, à la hauteur, et rend bien les phrases amples de l’auteur, donnant autant de scènes marquantes où inventivité narrative et précision dans l’analyse psychologique se conjuguent. Comme l’a également écrit Roth : « Ne craignons pas d’appeler la douceur par son nom ».
Bettina Balaka : Murmures de glace, roman traduit de l'allemand par Martine Rémon, Quidam, 2012, 437p, 22€
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Avant, de Jean-Baptiste Pontalis |
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Mardi, 10 Janvier 2012 22:15 |
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Sur le mode du « Je me souviens » de Georges Perec, qui fut son patient, Jean-Baptiste Pontalis, psychanalyste, essayiste, défragmente les temps du souvenir. Non sans malice, il écrit « c’était mieux avant ». Quand il courait s’acheter un pain chocolat à la boulangerie alors que maintenant il trotte à petits pas jusqu’à la pharmacie se procurer un médicament... Aléas et privilèges du grand âge, Pontalis se souvient de beaucoup de choses, au nombre desquelles ses maîtres, Sartre d’abord, Lacan ensuite, mais aussi de lectures (Freud, Homère) , de peintures « parlantes » (Odilon Redon). Par petites touches, à sa manière, il voyage dans un temps proche, au fond de celui des physiciens, fini dans un univers infini, et puise dans la soupe originelle de notre psyché, laissant remonter à sa mémoire ce qui paraît insignifiant, muet, informé et qui fait tout le charme précisément cette pensée si fine.
Jean-Baptiste Pontalis : Avant, Gallimard, 2012.
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Dans la grande nuit des temps, de Antonio Munoz Molina |
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Mardi, 10 Janvier 2012 21:58 |
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1936. Ignacio Abel, architecte madrilène formé à l’école du Bauhaus à Weimar, quitte l’Espagne, en pleine renommée. Son existence a brusquement basculé, comme celle de tous les Espagnols pris entre les feux de la guerre civile. Né vingt ans après ces évènements tragiques qui ont marqué l’histoire de son pays, et l’Europe entière, Antonio Munoz Molina se penche sur le destin d’un homme à la manière d’un entomologiste. Comme dans « Pereira prétend » de Tabucchi , Ignacio Abel ne voit rien venir, plus préoccupé par l’amour soudain qui vient bouleverser sa vie familiale et compliquer ses déplacements dans la ville, que par la situation politique. Très documenté, ce volumineux ouvrage à doubles hélices brûle des feux de la passion et du vertige absurde de cette guerre civile doublement fratricide. Communistes, anarchistes, républicains se déchirent tandis que la droite nationaliste et l’armée s’organisent. Fourmillant de détails, vibrant, sensible, trop bavard aussi sans doute- avec une volubilité qui évoque le débit des madrilènes !- ce roman nous ramène sous les yeux les photos de Robert Capa et la fièvre de « Pour qui sonne le glas » d’Hemingway.
Antonio Munoz Molina : Dans la grande nuit des temps, traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon, Editions du Seuil, 2011, 768p, 23€
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